October 23, 2008 / 4:22 PM / 9 years ago

Les jeux vidéo résistent à la crise, déclare le P-DG d'Ubisoft

6 MINUTES DE LECTURE

<p>Selon Yves Guillemot, P-DG et fondateur d'Ubisoft, le march&eacute; des jeux vid&eacute;o reste dynamique malgr&eacute; la crise, soutenu par les ventes de consoles et l'afflux de joueurs occasionnels. Le troisi&egrave;me &eacute;diteur mondial de jeux vid&eacute;o ind&eacute;pendant a relev&eacute; ses objectifs financiers pour 2008-2009. /Photo d'archives/Keith Bedford</p>

par Cyril Altmeyer et Dominique Vidalon

PARIS (Reuters) - Le marché des jeux vidéo reste dynamique malgré la crise, soutenu par les ventes de consoles et l'afflux de joueurs occasionnels, déclare Yves Guillemot, P-DG et fondateur d'Ubisoft, qui a relevé ses objectifs financiers pour 2008-2009.

La crise pourrait accélérer la consolidation du secteur et offrir des opportunités de croissance externe à Ubisoft, troisième éditeur mondial de jeux vidéo indépendant, a-t-il précisé lors d'un entretien accordé à Reuters.

"Tous les jeux continuent de croître de façon importante pour la simple raison que les machines continuent à s'installer beaucoup", a-t-il dit, précisant que les ventes de consoles ont été supérieures aux attentes en septembre. "Donc aujourd'hui il y a certainement une répercussion de la crise mais elle ne se voit pas dans notre métier du fait de sa croissance."

Le marché des jeux vidéo, un loisir qui reste des plus abordables compte tenu du temps passé à jouer, devrait afficher une croissance de plus de 20% en 2008 et de 5 à 10% en 2009, a-t-il ajouté.

Ubisoft a publié jeudi un chiffre d'affaires en hausse de 37,3% à 175 millions d'euros au deuxième trimestre de son exercice (juillet-septembre) et prévu une croissance de 11% à environ 500 millions pour le trimestre octobre-décembre.

Yves Guillemot a dit que le groupe comptait vendre d'ici fin décembre entre 5,5 millions et six millions d'unités de ses trois sorties phares de la saison : la nouvelle extension de son blockbuster "Prince of Persia", "Far Cry 2" et "Shaun White Snowboarding".

Sur l'ensemble de l'exercice à fin mars 2009, Ubisoft a relevé ses objectifs de chiffre d'affaires de 1.020 à 1.050 millions d'euros et de résultat opérationnel courant avant stock options d'au moins 12% à au moins 13% du chiffre d'affaires.

Le groupe devrait atteindre avec un an d'avance son objectif, fixé en 2006, de doubler son chiffre d'affaires en 2010-2011, a souligné Yves Guillemot.

Il a souligné qu'Ubisoft profitait d'une gamme de jeux très diversifiée, notamment le segment du "casual gaming" (destiné aux joueurs occasionnels) qui a représenté 35% de son chiffre d'affaires au premier semestre, une proportion qui devrait atteindre 40% d'ici deux à trois ans.

Selon l'Idate, ce marché affichera une croissance de 69% à 9,2 milliards d'euros, soit 29,5% du chiffre d'affaires total du secteur en 2008 - et 46,5% en 2012.

La Crise Pourrait Accentuer La Consolidation

Yves Guillemot a estimé que la crise actuelle pourrait accentuer la consolidation du secteur et qu'Ubisoft, dont l'action a perdu environ 40% depuis le début de l'année pour revenir à une capitalisation de deux milliards d'euros, "a régulièrement des contacts" avec des parties intéressées.

La famille Guillemot détient 13% d'Ubisoft dont l'américain Electronic Arts a 15%.

La fusion de Vivendi Games et d'Activision en juillet a changé la donne en donnant naissance au leader mondial du secteur, supplantant Electronic Arts, lequel a essayé en vain de racheter Take Two Interactive Software.

Yves Guillemot n'a pas souhaité s'exprimer sur un éventuel intérêt d'Ubisoft pour le propriétaire de la lucrative franchise "Grand Theft Auto", qui a fait savoir début octobre qu'il comptait demeurer indépendant.

Ubisoft, dont les jeux sont distribués dans 55 pays, ne ressent "pas de pression" pour croître à tout prix, mais est à l'affût de "petites acquisitions" de studios, voire d'un éditeur de jeux si l'occasion se présentait, a dit Yves Guillemot.

"On voit surtout beaucoup d'opportunités qui vont intervenir sur le marché du fait qu'il y a plus de concurrence et que les gros jeux prennent une part plus importante", a-t-il expliqué.

Il a dit qu'Ubisoft - dont la trésorerie, qui dépassait 200 millions d'euros à la fin du premier semestre et devrait atteindre entre 250 et 350 millions fin mars - disposait d'une "force de frappe" d'environ 750 millions d'euros.

Interrogé sur la difficulté à réunir des financements en période de crise bancaire, il a répondu par la négative. "On a fait récemment des demandes importantes d'emprunts pour tester une opportunité et nos banques ont réagi très très vite sur des montants importants", a-t-il dit.

Yves Guillemot a dit ne pas exclure, à terme, une acquisition dans le secteur des médias, dans le cadre de la stratégie "cross-media" d'Ubisoft, dont le jeu "Prince of Persia" va faire l'objet d'un film.

"Ces métiers-là fusionneront un jour - cinéma, jeux vidéo - mais on ne sait pas encore si ça se fera par un apprentissage par le jeu vidéo de tous les produits linéaires ou si ce seront des fusions de sociétés", a-t-il dit.

Edité par Jean-Michel Bélot

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