October 17, 2008 / 7:15 PM / in 9 years

Vers une "charte" pour limiter les potentiels dangers du mobile

5 MINUTES DE LECTURE

<p>Eric Besson envisage de signer une "charte" avec les trois op&eacute;rateurs de t&eacute;l&eacute;phonie mobile sur l'implantation des antennes-relais et l'usage des portables, un code de bonne conduite qui devrait comporter une dizaine de mesures destin&eacute;es &agrave; limiter les dangers potentiels du t&eacute;l&eacute;phone portable. /Photo d'archives/Ivan Milutinovic</p>

par Olivier Guillemain

PARIS (Reuters) - Eric Besson envisage de signer une "charte" avec les trois opérateurs de téléphonie mobile sur l'implantation des antennes-relais et l'usage des portables, apprend-on vendredi dans l'entourage du secrétaire d'Etat.

Trois jours après avoir reçu les principales associations dénonçant la nocivité de ces installations, Eric Besson s'est entretenu dans la journée avec les opérateurs et des responsables des ministères de la Santé, de l'Économie, et de l'Aménagement du territoire ainsi que de l'Association des maires de France.

Une dizaine de mesures devraient constituer le corps de ce code de bonne conduite, au premier rang desquelles figure l'interdiction de toute publicité ou d'actions de marketing à destination ou mentionnant l'usage d'un téléphone mobile par des enfants de moins de 12 ans.

Eric Besson envisage également de lancer une vaste campagne d'information et de sensibilisation au bon usage du portable, et dans un cadre plus large, d'interdire la distribution d'objets contenant un équipement radioélectrique dont l'usage est spécifiquement dédié aux enfants de moins de trois ans.

Ces pistes de réflexion, susceptibles d'être amendées, seront remises sur la table le 21 novembre, à l'occasion d'une réunion similaire à celle de vendredi.

La polémique sur ce sujet de société a été relancée jeudi après la décision du tribunal de grande instance de Nanterre d'ordonner le démontage d'une antenne-relais dans un village du Rhône, considérant que l'installation comportait des risques pour la santé publique.

L'absence de réelle étude concluante sur les conséquences de l'exposition du corps humain aux champs électromagnétiques des téléphones portables entretient un certain flou autour de l'usage de cet objet devenu quasi indispensable.

"IL Y A DE QUOI ÊTRE ALARMÉ"

Pour l'heure, les opérateurs, les usagers et les responsables politiques demeurent suspendus aux conclusions que s'apprêtent à rendre les rédacteurs de l'étude Interphone, un vaste travail épidémiologique mené simultanément dans 13 pays différents.

Lancée en 1999, cette étude comparative peine depuis à produire des résultats fiables, ses concepteurs mettant en avant la nécessité d'affiner les statistiques en étendant les périodes d'observation.

Pour Martine Hours, coordinatrice de l'étude menée en France, il est "pour le moment impossible de tirer des conclusions importantes" et ce n'est seulement qu'en "multipliant les études qu'il sera possible de niveler les erreurs et de s'approcher de la vérité".

Si pour l'heure le travail des scientifiques impliqués ne semble pas porter ses fruits, les premières conclusions présentées il y a un an laissent entrevoir pour certains des phénomènes préoccupants.

Pour Stephen Kerckhove, délégué général de l'association Agir pour l'environnement, "les trois publications française, israélienne et suédoise montrent toutes qu'au bout de dix ans il y a augmentation statistiquement significative des gliomes, neurinomes et cancers de la glande salivaire".

"Il y a de quoi être alarmé. Nous menons une campagne active depuis 2001. Nous avions essayé dans un premier temps de rester très prudents de façon à ne pas alarmer inutilement l'opinion publique. Avant nous parlions de risques au conditionnel, aujourd'hui nous utilisons le présent".

Agir pour l'environnement et une autre association, Priartem, ont écrit au secrétaire d'Etat pour lui demander d'adopter trois mesures le plus rapidement possible, avec en tête de pont l'interdiction de la commercialisation de portables aux enfants de moins de 12 ans.

Les autres dispositions réclamées sont la réduction "des seuils d'exposition aux champs électromagnétiques des riverains d'antennes-relais", et une dernière concernant le lancement d'une "grande campagne d'information", à laquelle Eric Besson semble vouloir donner suite.

Edité par Sophie Louet

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