Wavecom juge l'OPA de Gemalto hostile et le prix inadéquat

mardi 7 octobre 2008 07h54
 

PARIS (Reuters) - Wavecom souligne mardi le caractère hostile de l'offre publique d'achat de 110,6 millions d'euros lancée la veille par Gemalto ainsi que l'inadéquation du prix avec "la valeur intrinsèque" de la société.

"Contrairement à certaines informations parues dans la presse, cette offre n'a nullement été encouragée, ni a fortiori approuvée par ou discutée avec Wavecom qui souligne donc le caractère hostile de cette démarche", déclare le spécialiste des communications sans fil dans un communiqué.

"De plus, les dirigeants de Wavecom estiment que le prix proposé est loin de refléter la valeur intrinsèque et les perspectives de développement de la société", ajoute-t-il.

Pour l'administrateur indépendant de Wavecom, Antony Maher, cité dans le communiqué, "accepter cette offre non sollicitée ne semble pas constituer l'approche la mieux à même de préserver les intérêts de Wavecom, ses actionnaires et ses collaborateurs".

Lundi, le directeur général de Gemalto Olivier Piou avait tenu à préciser, lors d'une conférence téléphonique, que l'offre n'était pas hostile même si les discussions, qui durent depuis "plusieurs mois", n'ont pas abouti sur tous les points.

Le fabricant de cartes à puce a motivé son offre sur Wavecom par le souci de se développer dans le segment du "machine to machine". L'opération, qui marque la première offensive de croissance externe depuis la création du groupe, issu de la fusion d'Axalto et Gemalto, en juin 2006, n'aurait pas d'impact sur ses objectifs de marge opérationnelle pour 2009.

Gemalto propose sept euros par action, soit une prime de 72% sur le cours de clôture de 4,08 euros de vendredi soir, et 20 euros par Oceane de Wavecom, à condition de détenir 50,01% du capital de la société à la clôture de l'offre.

Créée en 1993, Wavecom affiche une capitalisation boursière de 64,45 millions d'euros - contre 2,29 milliards pour Gemalto - et est détenu à 22% par l'équipe de direction et les fondateurs alors que l'autocontrôle atteint 7%.

Dans un entretien à Reuters vendredi, le directeur général de Wavecom, Ron Black, affirmait ne pas vouloir vendre car "il y a beaucoup de création de valeurs devant nous". "Le cours actuel sous évalue énormément la société et, avec le redémarrage de l'économie et de notre chiffre d'affaires, le marché finira par en tenir compte", ajoutait-il.

Nathalie Meistermann, édité par Jacques Poznanski