Alcatel-Lucent face au dilemme taille-rentabilité

mercredi 1 octobre 2008 15h16
 

par Nathalie Meistermann

PARIS (Reuters) - Deux stratégies divergentes s'offrent à la nouvelle direction d'Alcatel-Lucent: suivre une destinée d'équipementier télécoms généraliste sur un marché hyperconcurrentiel, au risque d'une rentabilité médiocre, ou se concentrer sur ses points forts et ses marges au sacrifice de la taille.

La tâche du nouveau directeur général, Ben Verwaayen, s'annonce ardue dans la tourmente financière actuelle qui assèche les sources de financement.

"L'environnement n'est pas porteur. Les profit warnings se multiplient avec Nortel, Ciena et Tellabs. La pénurie de crédit va entraîner des difficultés de financement pour les opérateurs qui vont ralentir leurs investissements", constate Odon de Laporte, analyste chez CA Cheuvreux.

L'action a accusé une chute de 34% en septembre (-45% depuis le début de l'année) face à un indice européen des télécoms en baisse de seulement 6% (-32% sur l'année).

Selon la société d'information financière Markit, la prime de Credit Default Swap d'Alcatel-Lucent a explosé à 682,16 fin septembre, soit le double de fin 2007 (324,55). La moyenne des primes du secteur TMT, d'après l'indice iTraxx Europe TMT, se situe à 84,94 fin septembre contre 38,82 fin 2007.

Malgré de vagues rumeurs de marché ces dernières semaines, la plupart des experts ne croient pas qu'Alcatel-Lucent ne remplisse pas ses objectifs pour 2008. Ne serait-ce que parce qu'ils sont très prudents : un chiffre d'affaires en recul de 2% à 5% à changes courants et une marge d'exploitation de 2% à 5%.

UN HORIZON ASSOMBRI

Richard Windsor, analyste chez Nomura, juge un profit warning peu probable. "Mais le troisième trimestre ne sera pas bon. Les problèmes de Nortel viennent des opérateurs nord-américains et Alcatel-Lucent est exposé à ce marché" où il réalise un tiers de ses revenus, explique Richard Windsor.   Suite...

 
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