17 juin 2008 / 14:03 / dans 9 ans

La France s'engage dans la lutte informatique offensive

<p>Entr&eacute;e du palais de l'&Eacute;lys&eacute;e. La France entend s'engager dans la lutte informatique offensive et ne plus se contenter de la seule strat&eacute;gie d&eacute;fensive dans ce domaine. Pour la pr&eacute;sidence, la guerre informatique, dont les acteurs vont des "hackers" (pirates informatiques) aux &Eacute;tats en passant par les groupes terroristes et mafieux, "est devenue une r&eacute;alit&eacute;". /Photo prise le 23 avril 2007/REUTERS/Charles Platiau</p>

PARIS (Reuters) - La France entend s‘engager dans la lutte informatique offensive et ne plus se contenter de la seule stratégie défensive dans ce domaine.

“Face aux attaques informatiques, j‘ai décidé de doter pour la première fois la France de capacités défensives et offensives qui concerneront aussi bien toutes les administrations que les services spécialisés et les armées”, a déclaré le président Nicolas Sarkozy.

Il présentait devant plus de 3.000 cadres des armées et de la sécurité intérieure le nouveau Livre blanc sur la défense, dont c‘est précisément une des recommandations.

“Dans le domaine informatique plus que dans tout autre milieu il faudra, pour se défendre, savoir attaquer”, lit-on dans cet ouvrage qui fixe les grands axes de la politique de défense de la France pour les 15 prochaines années.

“Il convient donc de disposer d‘une capacité de neutralisation à l‘intérieur même des centres d‘opérations adverses”, ajoutent les auteurs de ce document.

Il s‘agit notamment de pouvoir neutraliser, dans le cadre d‘une opération militaire, les systèmes d‘information et de commandement de l‘adversaire pour le paralyser et atteindre ses centres de décision.

Le Livre blanc recommande le développement d‘outils spécialisés (“armes numériques de réseaux”, “laboratoire technico-opérationnel” ...), la définition d‘une doctrine et d‘un cadre d‘emploi de ces moyens et la formation de personnels.

Le cadre d‘emploi “devra respecter le principe de riposte proportionnelle à l‘attaque, visant en priorité les moyens opérationnels de l‘adversaire”, stipule-t-il cependant.

La maîtrise et la protection de l‘information sont désormais de véritables “facteurs de puissance”, souligne la présidence de la République dans un document de synthèse remis à la presse.

Pour l’Élysée, la guerre informatique, dont les acteurs vont des “hackers” (pirates informatiques) aux États en passant par les groupes terroristes et mafieux, “est devenue une réalité”.

En matière défensive, le Livre blanc prévoit la création d‘une “agence de la sécurité des systèmes d‘information” dont la tâche sera de détecter les attaques informatiques et d‘y réagir, grâce à un centre chargé de surveiller les réseaux “sensibles”.

Cette agence sera également chargée de la prévention et devra contribuer au développement d‘une offre industrielle de matériels de très haute sécurité pour la protection des secrets de l’État, des administrations et des acteurs économiques.

Elle devra en outre informer régulièrement le public sur les menaces informatiques.

Cette agence sera mise en place à partir de la Direction centrale de la sécurité des systèmes d‘information créée en 2001, où travaillent 110 personnes, et disposera par rapport à celle-ci de moyens renforcés.

Elle relèvera du Premier ministre et du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale.

“Le réseau internet sera considéré comme une infrastructure vitale”, souligne l’Élysée.

Emmanuel Jarry, édité par Sophie Louet

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