2 septembre 2008 / 05:42 / il y a 9 ans

La relance d'Alcatel-Lucent confiée à Verwaayen et Camus

<p>Philippe Camus (&agrave; gauche) a &eacute;t&eacute; nomm&eacute; au poste de pr&eacute;sident du conseil d'administration d'Alcatel-Lucent et Ben Verwaayen &agrave; la direction g&eacute;n&eacute;rale, un mois apr&egrave;s l'annonce de la d&eacute;mission de Serge Tchuruk et de Patricia Russo. /Photos d'archives/Charles Platiau</p>

par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - Alcatel-Lucent nommé le tandem Ben Verwaayen-Philippe Camus qui aura fort à faire pour relancer le numéro un mondial des réseaux télécoms fixes, dont l'action s'est effondrée depuis sa création en décembre 2006.

Philippe Camus, 60 ans, co-gérant du groupe Lagardère et ex-codirecteur général d'EADS, succède à Serge Tchuruk, qui quittera le groupe le 1er octobre. Le Néerlandais Ben Verwaayen, 56 ans, ex-cadre de Lucent Technologies qui dirigé BT jusqu'au 1er juin, assure la direction générale du groupe en replacement de Patricia Russo.

La direction sortante, dont le départ a été annoncé le 29 juillet, n'a pas réussi à surmonter les difficultés liées à la mise en place de la fusion. Ses concurrents, en particulier Ericsson, en ont profité pour lui prendre des parts de marché. Le groupe a multiplié les "profit warning", les pertes trimestrielles sous le coup de dépréciations d'actifs, principalement issus de Lucent, et des suppressions d'emplois.

Selon les analystes, la nouvelle direction devra revoir et clarifier la stratégie du groupe, une tâche qui pourrait prendre du temps étant donné les difficultés auxquelles il est confronté dans un marché des équipements télécoms difficile avec l'émergence de concurrents asiatiques agressifs sur les prix.

L'action, qui a progressé ces derniers jours dans l'anticipation de la nomination d'une nouvelle direction, perd 1,18% à 4,25 euros vers 10h35. Le titre, qui quittera l'indice Euro Stoxx 50 le 22 septembre, a cédé 14% depuis le début de l'année après avoir plongé de 54,6% en 2007.

Alexander Peterc, analyste chez Exane BNP Paribas, a noté la rapidité de la réaction du conseil d'administration.

"Ils ont trouvé quelqu'un qui a une bonne expérience internationale et dans les télécoms comme directeur général", a-t-il souligné. "Philippe Camus sera un président vraiment non exécutif donc les conflits vus précédemment dans l'ancienne direction ne devraient pas se reproduire".

"Le groupe est confronté à une tâche très, très difficile et devra prendre des mesures sévères pour rationaliser les activités", a estimé Thomas Langer, analyste chez WestLB. "Les mesures à venir affecteront non seulement la structure de coûts mais aussi le portefeuille de produits", a-t-il ajouté, disant s'attendre à des annonces dès la publication des résultats du troisième trimestre le 3 novembre.

"TROP DE PLATES-FORMES"

Lors d'une conférence téléphonique, Ben Verwaayen n'a pas donné d'indications sur sa stratégie à venir, notamment concernant d'éventuelles cessions d'actifs.

"Nous devrions évoluer vers le meilleur portefeuille intégré dans lequel peut importe si l'idée vient de gauche ou de droite", a-t-il dit.

"Le problème que nous avons dans le secteur, c'est qu'il y a trop de plates-formes", a-t-il observé. "La question n'est pas de savoir s'il faut être ou non dans les réseaux de prochaine génération, bien sûr qu'il faut y être, mais combien de plates-formes il y a sous la même marque".

Ben Verwaayen avait quitté KPN pour rejoindre en 1997 Lucent Technologies dont il a été vice-président du comité de direction, avant d'entrer chez BT en février 2002. Evitant le démantèlement du groupe en acceptant d'ouvrir son réseau à ses concurrents, il a mené l'offensive de BT dans l'internet à haut débit, ce qui a contribué à faire remonter son cours de Bourse.

PAS DE "PARACHUTE DORÉ"

A la différence de Patricia Russo dont le "parachute doré" avait provoqué le fureur des actionnaires face à la chute de l'action, Ben Verwaayen ne touchera pas d'indemnité de départ. Il percevra une rémunération fixe annuelle de 1,2 million d'euros, tout comme la directrice générale sortante, à laquelle s'ajoutera un bonus cible de 1,8 million, des options et des actions gratuites, tous soumis à des critères de performance.

Philippe Camus, qui conservera toutes ses fonctions chez Lagardère, percevra une rémunération annuelle de 200.000 euros et 100.000 actions gratuites subordonnées à des critères de performance, alors que son prédécesseur ne touchait que les jetons de présence, soit environ 100.000 euros.

Patricia Russo s'était également attiré les foudres des syndicats, rendus furieux par les 12.500 suppressions d'emplois prévues d'ici 2009.

"Je ne pense pas que de vastes réductions d'effectifs constituent, en tant que telles, la bonne manière d'améliorer une activité", a dit Ben Verwaayen, qui a lui aussi supprimé des emplois chez BT.

La semaine dernière, le marché avait parié sur Mike Quigley qui avait succédé à Philippe Germond en 2005 au poste de numéro deux d'Alcatel, après la publication d'une information en ce sens du Canard Enchaîné. L'Australien de 55 ans était considéré comme le "dauphin" de Serge Tchuruk pour présider le groupe français jusqu'à la fusion avec Lucent.

Les noms de Philippe Germond, 51 ans, actuel président du directoire de la SSII Atos Origin, et de Thierry Breton, ancien ministre de l'Economie et ex-P-DG de France Télécom, avaient également circulé.

Édité par Jacques Poznanski

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