11 février 2008 / 14:33 / il y a 10 ans

Yahoo juge trop basse l'offre de rachat de Microsoft

<p>Yahoo a rejet&eacute; formellement l'offre de rachat non-sollicit&eacute;e de Microsoft, qu'il juge trop basse. /Photo prise le 1er f&eacute;vrier 2008/REUTERS/Kimberly White</p>

NEW YORK (Reuters) - Yahoo a décliné formellement lundi l‘offre de rachat non-sollicitée de Microsoft, un rejet considéré par les analystes comme une première tentative pour forcer son prétendant à se montrer plus généreux.

Le conseil d‘administration a repoussé l‘offre à l‘unanimité et conclu qu‘elle ne servait pas au mieux les intérêts de ses actionnaires, a déclaré Yahoo dans un communiqué.

Il estime que l‘offre “sous-évalue nettement” ses atouts et sa valeur, entre autres une marque mondiale, une audience de près de 500 millions d‘utilisateurs et des investissements récents et importants dans des plateformes publicitaires.

L‘offre ne prend en outre pas en compte les perspectives de croissance et la valeur du portefeuille de participations construit par le groupe, qui comprend par exemple une part du capital du site chinois de commerce électronique Alibaba.com, poursuit-il.

Yahoo souligne aussi que son conseil continue d’étudier toutes les options stratégiques s‘offrant à lui.

Microsoft juge ce rejet “malheureux” mais il n‘en demeure pas moins persuadé des qualités de son offre. “Comme nous l‘avons dit précédemment, Microsoft se réserve le droit de prendre toute mesure nécessaire pour faire en sorte que les actionnaires de Yahoo jouissent de l‘opportunité de réaliser la valeur inhérente à notre proposition”, explique Microsoft dans un communiqué.

L‘offre présentée le 1er février par Microsoft, payable pour moitié en cash et pour le solde en actions, valorisait initialement Yahoo 31 dollars par action, soit 44,6 milliards de dollars au total, un prix représentant une prime de 62% par rapport au cours de clôture de la veille. Mais le cours de Microsoft a baissé depuis, ramenant la valeur de l‘offre autour de 41,4 milliards de dollars.

Il revient désormais au groupe fondé par Bill Gates de jouer le prochain coup: il peut relever son offre, tenter de passer outre la décision du conseil d‘administration en amassant les mandats d‘actionnaires de Yahoo avant la prochaine assemblée générale, ou encore abandonner purement et simplement son projet.

Un porte-parole de Microsoft s‘est refusé à toute déclaration.

LA BALLE DANS LE CAMP DE MICROSOFT

Pour les analystes, le géant du logiciel va probablement porter son offre à 35 dollars par action au moins, et il pourrait se laisser convaincre d‘aller jusqu’à 40 dollars.

Le communiqué de Yahoo ne mentionne aucun prix considéré comme convenable.

“Aucune des deux parties n‘a beaucoup d‘autres solutions”', estime Clayton Moran, de Stanford Group. “Nous nous attendons à ce que (Microsoft) monte à 35 dollars pour que l‘offre devienne amicale.”

Sur le Nasdaq, l‘action Yahoo gagnait 1,37% à 29,60 dollars en fin de matinée alors que Microsoft cédait 2,2% à 27,93.

Si Microsoft parvient à ses fins, il se lancera dans la plus grosse fusion jamais réalisée par deux groupes informatiques, avec pour ambition de contester la suprématie de Google dans le domaine de la recherche sur internet, source capitale de recettes publicitaires.

Depuis dix jours, le patron de Yahoo, Jerry Yang, a pris des mesures pour tenter de préserver l‘indépendance du groupe, parmi lesquelles la mise à l’étude d‘un rapprochement éventuel avec Google dans le seul domaine de la recherche en ligne.

Yahoo pourrait aussi relancer les contacts avec AOL, la division internet du géant des médias Time Warner, a rapporté lundi le Times de Londres. Time Warner s‘est refusé à tout commentaire.

Le risque que court Yahoo est celui de voir ses actionnaires perdre patience si la bataille s’éternise pendant que le groupe continue de perdre des parts de marché face à Google, d‘autant que les prévisions de chiffre d‘affaires présentées le mois dernier ont déçu Wall Street. Yahoo a annoncé le même jour des suppressions de postes et de nouveaux investissements dans les activités publicitaires.

Simultanément, la bataille entre Microsoft et Google se joue sur de nombreux marchés. L’éditeur de Windows a ainsi annoncé lundi le rachat - pour un montant qui reste confidentiel - du spécialiste des logiciels pour mobiles Danger, le jour même de la présentation par Google de prototypes de sa plateforme logicielle pour mobiles, baptisée Android.

Megan Davies et Micghel Gershberg, version française Marc Angrand

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