20 février 2008 / 14:08 / dans 10 ans

Après la victoire du Blu-ray, Sony est face au défi du public

<p>Sony a remport&eacute; la bataille du format des images en haute d&eacute;finition mais il lui faut d&eacute;sormais convaincre les consommateurs d'acheter ses DVD Blu-ray &agrave; l'heure o&ugrave; le secteur fait ses premiers pas dans le t&eacute;l&eacute;chargement. /Photo prise le 18 f&eacute;vrier 2008/REUTERS/Nicky Loh</p>

par Kiyoshi Takenaka

TOKYO (Reuters) - Sony a remporté la bataille du format des images en haute définition mais il lui faut désormais convaincre les consommateurs d‘acheter ses DVD Blu-ray à l‘heure où le secteur fait ses premiers pas dans le téléchargement.

Alors que son plan triennal arrive à terme le 31 mars, Howard Stringer, le directeur général du conglomérat japonais, doit également persuader le marché qu‘il possède une nouvelle stratégie de croissance pour le fabricant de la PlayStation et des écrans plats Bravia, qui doit en outre faire face à une concurrence agressive.

“La fin de la bataille des formats ne signifie pas automatiquement un basculement vers le Blu-ray”, estime Kazuharu Miura, analyste chez Daiwa Institute of Research. “Le grand défi est de faire comprendre aux utilisateurs potentiels qui possèdent déjà un lecteur DVD les bénéfices du Blu-ray”, ajoute-t-il.

Toshiba a annoncé le retrait de la norme concurrente HD DVD cette semaine, laissant la voie libre à Sony sur un marché du DVD estimé à 24 milliards de dollars par an.

Mais ce dernier hérite de cette situation à un moment où les consommateurs sont de plus en plus enclins à télécharger films et jeux plutôt qu’à les accumuler sur support physique.

“Nous pensons qu‘il y a une forte probabilité qu‘internet devienne le canal de distribution principal pour les contenus visuels, de la même façon qu‘il le fait avec la musique”, écrit dans une note Yukihiko Shimada, analyste chez Mitsubishi UFJ Securities.

Les spécialistes du secteur indiquent cependant que de l‘eau peut couler sous les ponts avant que les infrastructures de télécommunications ne deviennent suffisamment performantes pour permettre le téléchargement d‘un film dans son intégralité pour un coût et un temps raisonnable.

Sony regarde lui aussi ce marché de près. Stringer a déclaré en décembre qu‘il voyait le service en ligne de distribution de contenus lié à la PlayStation 3, le PlayStation Network, comme un moteur de croissance clé.

Tant Microsoft qu‘Apple proposent déjà des services de téléchargement pour des contenus autres que les jeux vidéos, notamment des programmes télévisés.

Le PlayStation Network propose quant à lui principalement des jeux vidéo et des clips vidéo liés à ces jeux.

QUELLE ÉVOLUTION POUR LES JEUX ?

Sony a annoncé que la PlayStation 3 serait équipée d‘un lecteur Blu-ray plus de deux ans avant le lancement de la console dans le but de s‘attirer le soutien des fournisseurs de matériels et de contenus.

Mais le groupe japonais paye actuellement le prix de sa politique d‘essaimage d‘acheteurs futurs de films en haute définition. Les coûts liés aux fonctions et aux composants Blu-ray de la PS3 impliquent en effet pour Sony d‘assumer une perte sur chaque console vendue, et ce même si son prix est deux fois plus élevé que celui de la console Wii du concurrent Nintendo.

La division jeux du conglomérat devrait d‘ailleurs publier une perte opérationnelle de plus de 900 millions de dollars (614 millions d‘euros) sur l‘exercice en cours, ce qui en fait pour le groupe l‘un des deux principaux freins aux bénéfices, avec l‘activité écrans plats.

“En éliminant les pertes sur ces deux activités au cours de la prochaine année fiscale, les bénéfices de Sony pourraient faire un bond de quelque 150 milliards de yens (947 millions d‘euros)”, estime Koya Tabata, analyste chez Crédit Suisse.

Sony prévoit que les coûts de fabrication de la PS3 passent sous le prix de vente de sa console au cours de la seconde moitié de l‘exercice fiscal qui débutera le 1er avril prochain.

Le groupe espère également que des nouveaux jeux tels que “Metal Gear Solid 4: Guns of the Patriots” de Konami, qui doit être commercialisé au printemps, dynamiseront la demande pour la PlayStation 3 et lui permettront de refaire son retard sur la Wii de Nintendo et la Xbox 360 de Microsoft.

Cependant, le soutien des éditeurs de jeux vidéo à la PS3 pourrait ne pas être aussi solide que celui apporté au format Blu-ray par les studios hollywoodiens et les fabricants d’électronique.

Nintendo a par exemple annoncé en octobre que Capcom développerait la dernière version du jeu d‘action à succès “Monster Hunter” pour la Wii. Les précédentes versions avaient été développées pour des machines Sony, et ce basculement a alimenté les spéculations autour d‘une possible baisse des soutiens à la PS3.

VISION CLAIRE

La concurrence n‘est pas moins intense sur le marché des téléviseurs LCD.

Sony a dépassé Samsung pour devenir le premier fournisseur de téléviseurs LCD sur le marché nord-américain au cours du dernier trimestre 2007, mais cette avance ne dépasse pas 0,5 point, selon le cabinet d’études DisplaySearch.

De son côté, Sharp construit à l‘heure actuelle la plus grande usine d’écrans LCD au monde, alors que Matsushita, la maison-mère de Panasonic travaille sur une usine d’écrans de 2,8 milliards de dollars (1,9 milliard d‘euros), ces deux centres de production étant destinés à faire gagner à leurs initiateurs des parts de marché sur ce marché en forte expansion.

“Il s‘agit d‘une activité sur laquelle personne ne réussit particulièrement bien en termes de profitabilité. Je ne vois pas de solution miracle pour Sony. Ils doivent juste augmenter leurs ventes et réaliser des économies d’échelle”, dit Miura.

Sony s‘attend à enregistrer une marge opérationnelle de 4,6% au cours de l‘année fiscale en cours, en-deçà de ses prévisions de 5%. “Ce que l‘on attendait de la direction de Sony ces dernières années, c’était qu‘elle ramène le groupe à un niveau décent de profitabilité. Que ce soit 4,6 ou 5%, cette mission a été menée à bien”, affirme Eiichi Katayama, analyste chez Nomura Securities.

“La question maintenant est de savoir s‘ils peuvent nous fournir une vision claire des trois prochaines années et au-delà (...) Oui, les activités déficitaires doivent devenir bénéficiaires. Mais la manière dont le conglomérat saura se transformer est une question bien plus importante”, estime-t-il.

Version française Julien Toyer

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