Serge Tchuruk, un départ d'Alcatel-Lucent au goût amer

mardi 29 juillet 2008 11h55
 

PARIS (Reuters) - L'annonce du départ en octobre de Serge Tchuruk de la présidence d'Alcatel-Lucent, moins de deux ans après la fusion de l'américain Lucent avec le français Alcatel qu'il avait dirigé pendant plus d'une décennie, conclut sur une fausse note la carrière de ce redresseur d'entreprises.

Nommé président non exécutif de l'équipementier télécoms franco-américain, numéro un mondial des réseaux fixes, Serge Tchuruk avait laissé aux commandes l'ex-patronne de Lucent, Patricia Russo, qui partira elle aussi d'ici la fin de l'année.

Serge Tchuruk avait empoché au passage une indemnité de départ de 5,6 millions d'euros, soit deux années de rémunérations fixes et variables.

Créé le 30 novembre 2006, le nouvel ensemble a multiplié depuis les avertissements sur les résultats et les suppressions d'emplois, dans un marché difficile et alors même que la fusion s'avérait plus complexe que prévu, notamment en raison des différences culturelles.

Lors de l'assemblée générale du 30 mai, Serge Tchuruk, visiblement peu à l'aise, avait une nouvelle fois tenté de convaincre les actionnaires que le groupe, déficitaire trimestre après trimestre, pouvait bénéficier du potentiel de croissance considérable de son secteur, notamment dans les pays émergents.

Force est de constater que la greffe n'a pas pris : le groupe a annoncé mardi une nouvelle perte nette trimestrielle de 222 millions d'euros et confirmé anticiper une baisse de 2 à 5% de son chiffre d'affaires annuel à taux de change courant.

Serge Tchuruk, 71 ans, crédité de l'énergie d'un marathonien, a connu une carrière mouvementée.

Donné plusieurs fois "fini" dans un secteur des équipements de télécommunications où les ruptures technologiques sont fréquentes, critiqué pour sa gestion des hommes, brocardé pour le montant de ses émoluments, ce sexagénaire au regard acéré est resté imperturbable.

Né en 1937 à Marseille, ce fils d'Arméniens est diplômé de l'Ecole Polytechnique et devient ingénieur de l'armement. Sa carrière est toute tracée : il devrait jouer un grand rôle dans les programmes de défense. Mais son mariage avec une Polonaise en 1960 met fin à ses ambitions. En ces temps de guerre froide, il n'est pas considéré comme un élément sûr. Il quitte l'administration pour rejoindre le groupe pétrolier américain Mobil où il gravit les échelons en Europe et aux Etats-Unis.   Suite...

 
<p>L'annonce du d&eacute;part en octobre de Serge Tchuruk de la pr&eacute;sidence d'Alcatel-Lucent, moins de deux ans apr&egrave;s la fusion de l'am&eacute;ricain Lucent avec le fran&ccedil;ais Alcatel qu'il avait dirig&eacute; pendant plus d'une d&eacute;cennie, conclut sur une fausse note la carri&egrave;re de ce redresseur d'entreprises. /Photo d'archives/REUTERS/John Schults</p>