29 mai 2008 / 05:23 / il y a 9 ans

Atos parvient à un accord avec Centaurus et Pardus

par Julien Toyer et Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Après des mois de bataille, la direction d'Atos Origin et les deux principaux actionnaires, les fonds Centaurus et Pardus, ont mis officiellement fin à leurs hostilités en annonçant un accord sur la composition du conseil de surveillance et une revue de la stratégie du groupe.

Les fonds obtiennent avec cet accord satisfaction sur la plupart de leurs revendications, dont la révision des options stratégiques de la SSII, la nomination de deux représentants au conseil de surveillance et le départ de son président, Didier Cherpitel.

Son annonce a provoqué une chute du titre Atos qui a perdu jusqu'à 6,1% dans la matinée.

Pardus et Centaurus, qui détiennent 23% du capital, ont tout d'abord obtenu gain de cause sur le départ du président du conseil de surveillance, Didier Cherpitel, qui sera remplacé par Jean-Philippe Thierry, membre du directoire d'Allianz et P-DG des AGF, dont il doit abandonner la direction générale en septembre.

"C'est un homme de consensus qui n'a pas d'intérêt direct dans la société, et qui défendra la juste gouvernance", a-t-on déclaré dans son entourage.

Le président du directoire Philippe Germond a déclaré lors d'une conférence de presse conjointe avec les fonds que ce choix s'était "imposé de lui même".

Contacté par Reuters, le P-DG de Centaurus, Bernard Oppetit, a déclaré qu'il avait choisi Jean-Philippe Thierry "pour sa trajectoire fantastique en termes de création de valeur pour les actionnaires".

L'accord prévoit également que les fonds soient représentés au conseil de surveillance par Benoît d'Angelin et Behdad Alizadeh.

Six autres personnalités indépendantes devraient faire partie de ce nouveau conseil, qui passera de six à neuf membres et sera soumis à la prochaine assemblée générale, le 12 juin, après l'ajournement de celle du 22 mai.

Il s'agit des deux candidats des fonds, Colette Neuville, présidente de l'Adam, et Michel Combes, président de TDF, des deux candidats de la direction d'Atos, Jean-François Cirelli, P-DF de GDF, et René Abate, consultant au Boston Consulting Group, ainsi que de Vernon Sankey et Michel Soublin, membres actuels du conseil.

PAS DE DÉMANTÈLEMENT

Pardus et Centaurus, qui étaient soupçonnés par le management d'Atos de vouloir démanteler le groupe, ont assuré lors de cette conférence de presse qu'ils n'en n'avaient aucunement l'intention.

"Toutes les options sont ouvertes", a dit à Reuters Benoît d'Angelin. Interrogé si cela voulait dire que toutes les options étaient possibles sauf celle d'un démantèlement, il a dit: "absolument".

"Les fonds actionnaires nous ont assuré de leur volonté de préserver l'intégrité de l'entreprise en excluant tout démantèlement", a quant à lui affirmé Philippe Germond.

"Le pilier de cet accord, c'est notre intention commune de travailler ensemble sur le long terme dans un esprit de respect mutuel", a-t-il ajouté, précisant que les fonds actionnaires avaient "renouvelé leur confiance" au directoire.

Pardus et Centaurus ont néanmoins obtenu la création d'un comité stratégique chargé, "en étroite collaboration avec le directoire, d'examiner l'ensemble des opportunités d'investissement et options stratégiques en vue de maximiser la valeur pour les actionnaires".

"Je suis certain qu'un dialogue constructif s'établira entre le comité stratégique et le directoire, sur les options stratégiques proposées par ce dernier", a dit Philippe Germond, qui a répété qu'il se mettrait "autour de la table" si une offre de fusion était formulée à Atos.

En retour de la création de ce comité, Pardus et Centaurus ont accepté que leur représentants au conseil démissionnent si leur participation au capital d'Atos descendait sous les 5%.

Pardus détient 10,04% de la SSII et Centaurus 12,97%.

"LA SPÉCULATION RETOMBE"

A la Bourse de Paris, le titre s'inscrit en forte baisse, cédant 4,52% à 37,20 euros vers 14h20, alors que l'indice des technologiques avance de 2,47% au même moment.

"La spéculation retombe. Les plus optimistes pensaient qu'on allait vers un démantèlement (...) Finalement on pourrait penser qu'on va vers une révolution de velours qui prendra beaucoup plus de temps", souligne Rodolphe Jourdan, gérant chez Ofi Patrimoine.

CIC-Securities estime que cet accord est favorable aux actionnaires car "un changement de management aurait encore brouillé les cartes (...) et probablement mis à mal le redressement du groupe".

"Dans ce contexte, nous pensons que (Philippe Germond) va accélérer son plan de transformation afin de prouver qu'il est en mesure de créer de la valeur sans démanteler le groupe", poursuit l'intermédiaire.

Avec Dominique Vidalon et Juliette Rouillon

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