April 18, 2008 / 5:54 AM / 9 years ago

TeliaSonera intéresse France Télécom, aucune négociation ouverte

8 MINUTES DE LECTURE

<p>Lars Nyberg, directeur g&eacute;n&eacute;ral de TeliaSonera. France T&eacute;l&eacute;com confirme son int&eacute;r&ecirc;t pour le groupe nordique, avec qui il dit partager la m&ecirc;me "vision strat&eacute;gique", tout en pr&eacute;cisant qu'aucune n&eacute;gociation n'a &eacute;t&eacute; ouverte &agrave; ce stade. /Photo d'archives/Jonas Ekstromer/Scanpix</p>

par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - France Télécom a défendu vendredi son intérêt pour TeliaSonera, avec qui il dit partager la même "vision stratégique", tout en précisant qu'aucune négociation n'avait été ouverte à ce stade.

Cette mise au point intervient deux jours après l'annonce par Le Figaro de l'intérêt de l'opérateur français pour le groupe nordique et sa confirmation par le directeur financier Gervais Pellissier au Financial Times le lendemain, entraînant une baisse d'environ 10% du titre en deux jours dans un marché peu convaincu par l'opportunité d'une telle opération.

Gervais Pellissier a justifié lors d'une conférence téléphonique la logique d'un éventuel rapprochement avec TeliaSonera par la nécessité d'accroître la taille de France Télécom au moment où des géants comme Google ou Apple cherchent à tirer des revenus sur les réseaux télécoms.

"Des démarches exploratoires ont été entreprises. Pour autant aucune négociation n'est ouverte à ce stade et, par là même, aucune décision sur une telle opportunité n'est en voie d'être prise", précise France Télécom dans un communiqué.

L'action du groupe français perd encore 2,72% à 19,32 euros, vers 10h15 après être descendue à 19,29 euros, au plus bas depuis août 2007, tandis que TeliaSonera, qui s'est de nouveau refusé à tout commentaire vendredi, prend 2,11% et que l'indice DJ Stoxx des télécoms prend 0,9%. Ensemble, France Télécom et TeliaSonera deviendraient le troisième opérateur européen en termes de capitalisation boursière derrière Vodafone et Telefonica.

"Le fait qu'un communiqué confirme l'intérêt pour TeliaSonera renforce la probabilité pour que France Télécom le rachète dans les six mois à venir", a noté un analyste. "Cela change la donne sur le titre puisque c'est une opération avec des risques d'exécution importants avec trois pays concernés".

TeliaSonera, né en 2002 de la fusion entre le suédois Telia et le finlandais Sonera, est détenu à 13,7% par l'Etat finlandais et à 37,3% par l'Etat suédois, qui souhaite céder sa part dans le cadre d'un programme de privatisation.

Oddo Securities, Société générale et Dexia ont abaissé leurs recommandations sur le titre.

Respect Des Objectifs De Dette Et De Dividende

"Un tel rapprochement ne pourrait intervenir que dans le strict respect des engagements pris par France Télécom concernant son ratio dette nette sur marge brute opérationnelle à moyen terme, ainsi que sa politique de distribution de dividende", a souligné le groupe.

France Télécom s'est engagé en février à maintenir à moyen terme son ratio dette/MBO à moins de 2, un niveau atteint fin 2007 avec un an d'avance sur son plan "Next". Le groupe a ramené sa dette de 68 milliards d'euros en 2002 à 37,9 milliards en fin d'année dernière.

"En cas de rapprochement avec un opérateur de la taille de TeliaSoneria, nous nous donnons la possibilité de franchir pendant une période limitée ce ratio", a toutefois précisé Gervais Pellissier lors d'une conférence téléphonique.

Il a également confirmé que le groupe maintenait son objectif de continuer à augmenter la part de son cash flow organique qu'il redistribue à ses actionnaires, prévu à plus de 45% en 2008 contre 43,3% en 2007. France Télécom a relevé en février son objectif de cash flow organique pour 2008 à plus de 7,8 milliards d'euros au lieu d'au moins 7,5 milliards d'euros.

Compte tenu ces engagements, a-t-il ajouté, un rapprochement avec TeliaSonera se ferait par un équilibre à définir de cash et de dette afin de "satisfaire à la fois les actionnaires et les créanciers".

Pour Bear Stearns, une acquisition de TeliaSonera détruirait de la valeur pour les actionnaires de France Télécom, qui a déjà connu des difficultés avec ses divisions en Europe. "Nous craignons en outre que l'intérêt de France Télécom pour cette opération laisse supposer une faiblesse accrue sur le marché domestique", écrit la banque dans une note.

France Télécom avait dû publier il y a un mois un communiqué en mars pour confirmer les objectifs dans la téléphonie fixe en France, alors que Deutsche Telekom venait de lancer un avertissement pour les siennes en Allemagne.

ACCROÎTRE LA TAILLE FACE AUX GÉANTS MONDIAUX

Gervais Pellissier a rappelé qu'un éventuel rapprochement avec TeliaSonera s'inscrirait avec la politique du groupe de se développer dans les marchés émergents et de se renforcer "quand c'est nécessaire" en Europe occidentale. Il a toutefois démenti avoir déclaré au Financial Times jeudi que le groupe s'intéressait aussi à Telenor.

L'intérêt d'un rapprochement avec TeliaSonera, qui laisse les analystes sceptiques en raison du manque de réductions de coûts potentielles étant donné la complémentarité géographique des deux groupes, serait de dégager des "synergies industrielles et financières" dans un marché globalisé, a fait valoir Gervais Pellissier.

"Avec la globalisation des usages entre les pays et transnationaux, un certain nombre d'acteurs globaux - Google, Apple, Nokia et Microsoft - essaient de capturer de la valeur ajoutée sur les réseaux de télécoms fixes et bientôt mobiles", a-t-il expliqué.

"Nous avons toujours dit que la taille dans ce domaine-là serait un élément important (...), surtout avec quelqu'un qui partage cette vision stratégique du marché, il y a matière à pouvoir avoir à la fois une stratégie défensive dans un premier temps et surtout offensive sur ces métiers", a-t-il ajouté.

Un analyste a observé que cette logique de course à la taille en période de globalisation des usages était attendue, mais seulement dans deux ou trois ans.

"C'est une logique qui pourrait dynamiser le marché européen. Des opérateurs de moyenne taille pourraient du coup devenir une cible pour les gros", a-t-il observé, tout en considérant que le suédois Tele2 offrirait à France Télécom une meilleure exposition aux marchés émergents que TeliaSonera.

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