Paris acquiert 2,9% de STM auprès de Finmeccanica

mercredi 27 février 2008 10h27
 

PARIS (Reuters) - La France acquiert 2,86% de STMicroelectronics auprès de Finmeccanica pour quelque 260 millions d'euros afin de rééquilibrer sa part dans le groupe de semi-conducteurs face à celle de la partie italienne, annoncent l'Elysée et Areva.

L'opération réalisée par FT1CI - holding détenant la part indirecte d'Areva dans STMicroelectronics - permettra de porter sa part dans le groupe à 13,77%, à égalité avec celle du bloc italien, composé par Finmeccanica et Cassa Depositi e Prestiti, précise le groupe nucléaire dans un communiqué. Leurs participations actuelles sont de 10,9% et 16,6% respectivement.

La transaction représentant dix euros par action STMicro sera financée par le Commissariat à l'énergie atomique (CEA), qui devient ainsi actionnaire minoritaire de FT1CI et adhère au pacte d'actionnaire de STMicro, avec une participation indirecte de 2,86%, ajoute Areva.

Areva souligne aussi que le pacte d'actionnaires de STMicroelectronics, noué en mars 2004 entre les parties française et italienne, est prolongé de trois ans à partir du 17 mars. Durant cette période, la participation minimale de chaque partie dans STMicro est portée de 9,5% à au moins 10,5% - il s'agit de l'unique condition à la poursuite de la gouvernance de STMicro de façon paritaire. France Télécom avait quitté le pacte d'actionnaires en 2005.

L'action STMicroelectronics s'adjuge 1,79% à 8,54 euros avec une capitalisation de 7,63 milliards.

"On n'aura pas le retour qu'on pouvait craindre d'un placement de Finmeccanica sur le marché et cela montre l'engagement de l'Etat sur cette industrie", a constaté Jérôme Ramel, analyste chez Exane BNP Paribas. "Le prix de dix euros montre qu'ils sont prêts à faire une offre de 20% au-dessus du cours actuel".

L'Elysée a précisé dans un communiqué distinct que l'accord prévoyait un éventuel complément de prix égal à 40% de l'écart, s'il est positif, entre la moyenne du cours de Bourse (pondéré sur trois mois) dans un an et le prix d'achat de dix euros (dans la limite de quatre euros par action).

"Pour le président de la République, cette transaction vise à préserver l'indépendance de l'entreprise et la stabilité de son actionnariat, tout en favorisant son développement à long terme et son rôle dans le secteur des nanotechnologies en France", ajoute l'Elysée.

La ministre de l'Economie et des Finances Christine Lagarde a parallèlement annoncé dans un autre communiqué la validation du programme de développement de STMicroelectronics sur ses sites de Crolles et de Grenoble pour 2008-2012, comprenant des subventions pour la société dont le montant et les conditions restent à fixer.

Cyril Altmeyer