4 février 2008 / 06:16 / dans 10 ans

Yahoo pourrait s'allier à Google pour contrer Microsoft

<p>Yahoo pourrait &eacute;tudier une alliance professionnelle avec son concurrent Google comme possible moyen de d&eacute;fense face &agrave; l'offre lanc&eacute;e sur lui par Microsoft. /Photo prise le 8 janvier 2008/REUTERS/Steve Marcus</p>

par Eric Auchard et Megan Davies

SAN FRANCISCO (Reuters) - Yahoo pourrait étudier une alliance stratégique avec son concurrent Google pour se défendre face à l‘offre lancée sur lui par Microsoft, apprend-on de source proche de la stratégie de Yahoo.

Ce dernier envisage de reprendre contact avec Google, premier moteur de recherche sur internet, avec qui il avait discuté pendant plusieurs mois d‘une alliance alternative, a ajouté la source.

Yahoo s‘estime sous-évalué par l‘OPA non sollicitée de 44,6 milliards de dollars (30 milliards d‘euros), soit 31 dollars par titre, annoncée vendredi par le géant du logiciel Microsoft, ont précisé de leur côté deux sources dimanche.

Dans le cadre d‘un partenariat avec Google, Yahoo pourrait utiliser les services de recherche sur internet de son concurrent.

Une autre source proche de Yahoo a déclaré que le groupe américain avait fait l‘objet d‘une longue série de contacts préliminaires avec des groupes de médias, de technologies et financiers, ajoutant ne pas savoir si une offre alternative était imminente.

Dans un mémo envoyé vendredi à ses employés et que Reuters s‘est procuré dimanche, Yahoo écrit: “Nous voulons souligner qu‘absolument aucune décision n‘a été prise et qu‘en dépit de ce que certains ont essayé de suggérer, il n‘y a certainement aucun processus d‘intégration en cours”.

Le Wall Street Journal a écrit sur son site internet dimanche que le directeur général de Google, Eric Schmidt, avait appelé celui de Yahoo, Jerry Yang, pour lui offrir l‘aide de son groupe, dans le but de contrer l‘offre de Microsoft.

Des porte-parole de Yahoo et de Google ont refusé de commenter le dossier.

Les analystes citaient vendredi le câblo-opérateur Comcast, le groupe de médias Viacom ou l‘industriel General Electric parmi les autres possibles candidats, même s‘ils reconnaissent que les entreprises présentant un trésor de guerre aussi important que l‘américain Microsoft pour financer une telle offre, ou une logique d‘entreprise similaire en cas de rapprochement avec Yahoo, sont rares.

Ils précisaient à ce titre que Google, déjà en position de force dans la recherche sur internet, pourrait avoir du mal à obtenir un accord des autorités de régulation pour se rapprocher de Yahoo.

Jeffrey Lindsay, analyste chez Sanford C. Bernstein, juge dans une note à ses clients que “l‘offre de 31 dollars de Microsoft est très rusée” car elle met la pression sur la direction de Yahoo pour prendre des mesures qui pourraient libérer la valeur sous-jacente d‘actifs de Yahoo, atteignant selon lui le haut de la fourchette de 39-45 dollars par action.

L‘offre sur Yahoo a profité lundi aux valeurs technologiques asiatiques comme Softbank, qui détient 3,9% des droits de vote de Yahoo, et a bondi de 15,81% à 2.205 yens à la Bourse de Tokyo. Yahoo Japan, détenu à 41% par Softbank et à 33% par Yahoo, a pris 9,52% à 46.000 yens.

DES QUESTIONS DE CONCURRENCE

Google, pour sa part, répondant à l‘offensive de son grand rival Microsoft, s‘est interrogé sur la compatibilité de l‘opération envisagée avec la législation antitrust et la lutte contre les monopoles.

David Drummond, l'un des vice-présidents de Google et son principal responsable pour les questions juridiques, estime dimanche sur son blog (googleblog.blogspot.com) que la fusion entre Microsoft et Yahoo pourrait entraver la libre compétition qui alimente depuis plus de dix ans la course à l'innovation sur le web.

Microsoft a répondu aux arguments de Google en jugeant qu‘une fusion avec Yahoo créerait “un numéro deux convaincant dans la recherche sur internet et dans la publicité en ligne” face au leader du marché Google.

“Les scénarios alternatifs ne conduisent qu’à une moindre concurrence sur internet”, écrit dans un communiqué le directeur juridique de Microsoft, Brad Smith.

“Aujourd‘hui, Google est la société dominante dans la recherche et la publicité sur internet”, ajoute-t-il. “Goggle a pris 75% des revenus liés à la recherche en ligne dans le monde et sa part de marché continue à progresser”.

Le cabinet spécialisé comScore estime que Google détient 77% du marché de la recherche sur internet, contre 16% pour Yahoo et 3,7% pour Microsoft.

Une source proche de la stratégie de Google a estimé de son côté que Microsoft utilise la même tactique qu‘il avait employée dans les années 1990 pour détourner les utilisateurs du navigateur internet pionnier Netscape Communications et faire triompher son propre Internet Explorer.

“C‘est la même vieille histoire”, a-t-elle estimé.

Pour Drummond de Google, la puissance de Microsoft découle de monopoles vieux de dix ans, avec le système d‘exploitation Windows pour ordinateurs et IE, le premier navigateur.

Une fusion Microsoft-Yahoo conduirait à marier les deux plus gros systèmes de messageries et portails internet grand public, point d‘entrée de centaines de millions d‘internautes sur la toile.

Version française Gilles Guillaume et Stanislas Dembinski

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