L'AMF justifie son rejet de l'OPE d'Altice sur SFR

mercredi 5 octobre 2016 20h44
 

PARIS (Reuters) - L'Autorité des marchés financiers (AMF) a expliqué mercredi son rejet la veille du projet de rachat par Altice du solde du capital de SFR par le manque de précision du groupe sur les rémunérations qui seraient versées par la filiale à sa maison mère.

Une porte-parole de l'AMF a souligné que la décision de non-conformité ne reposait pas sur un jugement concernant la parité offerte. "Il n’y a eu sur ce point aucun changement de jurisprudence de l’AMF qui ne se prononce pas directement sur la parité", a-t-elle souligné.

Le directeur général d'Altice, Michel Combes, a estimé que le gendarme de la Bourse s'était prononcé, pour rendre sa décision, sur les termes économiques de l'opération, ce qui constitue à ses yeux un revirement de jurisprudence.

"Le vrai sujet réside dans la qualité de l’information destinée aux actionnaires pour se déterminer quant à l’offre", souligne de son coté la porte-parole de l'AMF.

"L’AMF a en effet jugé l’information imprécise sur l’impact négatif et potentiellement significatif de la convention de rémunération sur la détermination des fourchettes de parité dans un contexte où la parité de l’offre était clairement en bas des fourchettes déterminées", ajoute-t-elle.

Le groupe de Patrick Drahi proposait huit nouvelles actions Altice pour cinq actions SFR Group, une parité d'échange de 1,6 située dans le bas de la fourchette estimée par le cabinet indépendant Accuracy, qui a toutefois considéré la transaction équitable.

L'AMF relève toutefois dans son avis que l'expert n’a pas pu intégrer l’effet de ce contrat de rémunération dans ses travaux et dans sa conclusion sur l’équité du projet d’offre, faute d'information précise sur son mode de calcul.

(Jean-Michel Bélot, édité par Juliette Rouillon)

 
L'Autorité des marchés financiers (AMF) a expliqué mercredi son rejet la veille du projet de rachat par Altice du solde du capital de SFR par le manque de précision du groupe sur les rémunérations qui seraient versées par la filiale à sa maison mère. /Photo pris ele 8 août 2016/REUTERS/Philippe Wojazer