8 septembre 2016 / 10:02 / il y a un an

Le canton de Zoug se rêve en paradis de la monnaie virtuelle

Etre un paradis fiscal au coeur de la Suisse ne suffit plus au petit canton de Zoug, qui se réinvente en "Crypto Valley" avec des initiatives pionnières liées à la monnaie virtuelle. En juillet, la ville a lancé un programme permettant aux habitants de payer en bitcoin dans les services publics, une première mondiale, selon les médias suisses. /Photo prise le 30 août 2016/Arnd Wiegmann

ZOUG, Suisse (Reuters) - Etre un paradis fiscal au coeur de la Suisse ne suffit plus au petit canton de Zoug, qui se réinvente en "Crypto Valley" avec des initiatives pionnières liées à la monnaie virtuelle.

Les rives du lac de Zoug accueillent déjà le siège du géant minier Glencore et servent de boîte aux lettres à des milliers d'entreprises grâce à une législation fiscale attirante.

Les réformes en cours de la fiscalité et la mort annoncée du secret bancaire menacent désormais ce modèle et ont conduit le canton à prendre le virage de la technologie financière ("fintech").

Ce mouvement baptisé "Crypto Valley", qui s'inspire ouvertement de la Silicon Valley californienne, est une opération de promotion destinée à attirer de jeunes entreprises utilisant le bitcoin et les technologies associées, comme par exemple des applications mobiles.

En juillet, la capitale cantonale, Zoug, a lancé un programme permettant aux habitants de payer en bitcoin dans les services publics. Une première mondiale, selon les médias suisses.

Une douzaine de sociétés spécialisées ont déjà choisi Zoug et ses environs, parmi lesquelles Ethereum, qui propose la technologie associée à une unité de compte virtuelle baptisée Ether, la grande rivale du bitcoin.

LE MAIRE VOIT GRAND

Le maire de Zoug, Dolfi Müller, veut en attirer d'autres dans le cadre d'un programme de développement à l'horizon 2035 destiné à permettre à l'économie locale de se renouveler.

"Nous sommes l'une des plus petites villes mondialisées de la planète", dit-il. "Nous ne laisserons pas cette dynamique s'essouffler."

Tout le monde ne partage pas cet enthousiasme. Pour Gregor Bruhin, membre centriste du conseil de la ville de Zoug, le projet de "Crypto Valley" est "spéculatif". Le secteur, dit-il, est volatil et attire les pratiques criminelles comme le piratage informatique.

Le Sud-Africain Johann Gevers, qui fut l'un des premiers à choisir Zoug en y installant il y a trois ans sa plate-forme de transactions en monnaie virtuelle, Monetas, est persuadé pour sa part que le petit canton a choisi le bon filon.

"Je pense que la crypto-finance est la nouvelle grande vague après internet", dit-il. "Le pays qui réussira grâce à une législation accueillante à attirer les entreprises de ce secteur deviendra le centre financier du futur".

Les autorités suisses et le monde de la banque, où l'ère du secret touche à sa fin, voient tout cela d'un bon oeil.

"Si nous ne nous mettons pas en première ligne dans la fintech, nous ne méritons pas notre titre de centre de la finance mondiale", dit ainsi Martin Hess, de l'Association suisse des banquiers (ASB).

Patrick Vignal pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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