Paris et Berlin veulent un accès aux données cryptées

mardi 23 août 2016 19h24
 

PARIS (Reuters) - Paris et Berlin ont appelé mardi à la mise en place, au niveau européen, d'une réglementation obligeant les opérateurs de messageries cryptées à coopérer avec les Etats de l'Union lors d'enquêtes judiciaires sur des réseaux terroristes.

De nombreux services de messagerie électronique cryptée sont utilisés par les djihadistes, ce qui complique la tâche des enquêteurs.

L'application Telegram, créée par un Russe, est ainsi très prisée par les adeptes du groupe Etat islamique, qui l'utilisent pour répandre leur propagande et communiquer entre eux.

"Les échanges de plus en plus systématiques opérés via certaines applications telles que Telegram doivent pouvoir, dans le cadre de procédures judiciaires, (...) être identifiés et utilisés comme élément de preuve par les services d'investigation et les magistrats", a déclaré lors d'un point presse le ministre de l'Intérieur français Bernard Cazeneuve.

"Nous proposons donc aujourd'hui que la Commission européenne étudie la possibilité d'un acte législatif rapprochant les droits et les obligations de tous les opérateurs proposant des produits ou des services de télécommunications (...) dans l'Union européenne, que leur siège juridique soit ou non en Europe", a-t-il ajouté aux côtés de son homologue allemand, Thomas de Maizière, qu'il recevait place Beauvau.

Le débat sur l'accès aux échanges cryptés entre djihadistes est ravivé après chaque attentat. Au moins l'un des deux tueurs du prêtre Jacques Hamel, assassiné le 26 juillet lors de la messe dans une église de Saint-Etienne du Rouvray (Seine-Maritime), communiquait via Telegram.

PAS D'INTERLOCUTEUR CHEZ TELEGRAM

L'objectif de la proposition franco-allemande est de parvenir à imposer à des opérateurs non coopératifs de déchiffrer certains messages.   Suite...

 
Paris et Berlin ont appelé mardi à la mise en place, au niveau européen, d'une réglementation obligeant les opérateurs de messageries cryptées à coopérer avec les Etats de l'Union lors d'enquêtes judiciaires sur des réseaux terroristes. De nombreux services de messagerie électronique cryptée sont utilisés par les djihadistes, ce qui complique la tâche des enquêteurs. /Photo d'archives/REUTERS/Kacper Pempel