Facebook jugé pour complicité avec le Hamas

lundi 11 juillet 2016 16h40
 

JERUSALEM (Reuters) - Un groupe d'Israéliens et d'Américains a réclamé lundi un milliard de dollars (plus de 900 millions d'euros) de dommages et intérêts à Facebook pour complicité présumée avec le Hamas, dans le cadre d'un procès instruit aux Etats-Unis contre le réseau social.

Les plaignants sont des proches de quatre israélo-américains et d'un touriste américain morts dans des attentats à Tel Aviv, Jérusalem et en Cisjordanie occupée de 2014 à 2016.

Ils accusent Facebook d'avoir "sciemment fourni un soutien matériel et des ressources au Hamas (...), facilit[ant] la capacité du groupe terroriste à communiquer, recruter des membres, préparer et lancer des attentats, et semer la peur chez ses ennemis."

Le Hamas a officiellement revendiqué l'un des attentats cités dans le procès mais l'avocat des plaignants a déclaré que des experts avaient établi la responsabilité du Hamas pour les autres attentats.

Les Etats-Unis considèrent le Hamas comme une organisation terroriste. Les poursuites ont été engagées sur la base de la loi anti-terroriste de 1992 qui interdit à toute entreprise américaine de fournir du matériel ou des services à un groupe terroriste et à ses dirigeants.

Cette initiative privée fait suite aux critiques du ministre israélien de la Sécurité, Gilad Erdan, qui estime que Facebook ne coopère pas aux enquêtes sur des suspects potentiels en Cisjordanie occupée et entretient un climat de violence.

Facebook s'est justifié début juillet en mettant en avant sa politique de signalement des contenus abusifs.

Sami Abou Zouhri, porte-parole du Hamas à Gaza, a accusé Israël de transformer le réseau social en un dispositif d'espionnage contre les Palestiniens. Il a déclaré que le procès était une tentative d'Israël de faire chanter Facebook.

(Laura Martin pour le service français)

 
Un groupe d'Israéliens et d'Américains a réclamé lundi un milliard de dollars (plus de 900 millions d'euros) de dommages et intérêts à Facebook pour complicité présumée avec le Hamas, dans le cadre d'un procès instruit aux Etats-Unis contre le réseau social. /Photo d'archives/REUTERS/Dado Ruvic