Questions sur la diffusion vidéo en direct après Magnanville

mercredi 15 juin 2016 09h36
 

par Yasmeen Abutaleb

SAN FRANCISCO (Reuters) - La vidéo mise en ligne sur Facebook par Larossi Abballa, le tueur d'un couple de policiers assassinés à leur domicile de Magnanville, dans les Yvelines, est la dernière illustration en date du caractère très sensible des diffusions de contenus en direct.

Dans ce document de douze minutes, le meurtrier, tué dans l'intervention des policiers d'élite du Raid, clame son allégeance à l'organisation Etat islamique (EI) et appelle les sympathisants du mouvement à suivre son exemple en s'en prenant à des policiers, des journalistes ou encore des surveillants de prison et des imams.

La vidéo, filmée selon lui sur les lieux du crime, a été relayée par un média lié à l'EI, l'agence de presse Amaq.

Sa diffusion souligne les immenses défis que les géants du web comme Facebook, Twitter ou YouTube, la filiale de Google, vont devoir relever alors qu'ils développent le "live streaming", la capacité offerte à des centaines de millions d'internautes de diffuser des contenus vidéos en direct.

Ces derniers mois, Facebook a fait de son application Live une composante centrale de sa stratégie de développement. Twitter se focalise pareillement sur la diffusion vidéo en temps réel et YouTube, site leader du partage de vidéos en ligne, s'oriente aussi vers la diffusion en direct.

Toutes se sont dotées de protocoles censés retirer les contenus violant les règles d'utilisation, des protocoles qui reposent principalement sur des signalements par des internautes. Mais le délai de traitement de ces signalements est généralement de 24 heures, beaucoup trop long à l'heure des "diffusions virales" où un clic permet de partage un contenu.

"Nous comprenons bien et nous reconnaissons que des défis uniques se posent lorsqu'il s'agit du contenu et de la sécurité des vidéos sur Live", dit une porte-parole de Facebook. "Nous nous efforçons d'améliorer l'efficacité avec laquelle nous traitons les signalements de contenus qui violent nos 'Community Standards' (ndlr, les règles d'utilisation du site)", ajoute-t-elle.

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La vidéo mise en ligne sur Facebook par Larossi Abballa, le tueur d'un couple de policiers assassinés à leur domicile de Magnanville, dans les Yvelines, est la dernière illustration en date du caractère très sensible des diffusions de contenus en direct. /Image diffusée le 14 juin 2016/REUTERS TV