Vivendi alerte sur la situation de Canal+

jeudi 21 avril 2016 12h47
 

PARIS (Reuters) - Canal+ pourrait accuser une perte d'exploitation supérieure à 400 millions d'euros en France cette année si aucune mesure n'est prise pour riposter à l'inflation de ses coûts d'acquisition de droits sportifs et à l'érosion de sa base d'abonnés, a prévenu jeudi sa maison mère, Vivendi.

A l'occasion de l'assemblée générale du géant du divertissement et des contenus, les dirigeants de Vivendi ont à nouveau alerté sur la situation "plus que préoccupante" du spécialiste de la télévision payante dans l'Hexagone.

Concurrencé sur le front du sport, du cinéma et des séries par l'émergence de beIN Sports, Netflix, Altice et consorts, Canal+ a subi 405.000 résiliations d'abonnements en France en 2015, ce qui s'est traduit par une perte annuelle - la quatrième consécutive - de 264 millions d'euros.

"Si nous ne réagissons pas, en 2016, ça peut faire plus que 400 millions", a prévenu Stéphane Roussel, directeur général chargé des opérations, devant les actionnaires de Vivendi.

Pour riposter, Canal+ fait le pari d'une alliance avec beIN Sports via un accord de distribution exclusive qui doit toutefois encore recevoir le feu vert de l'Autorité française de la concurrence, dont le verdict est attendu courant mai.

"Cet accord avec beIN est nécessaire mais pas suffisant", a expliqué Stéphane Roussel, qui a également souligné la nécessité pour Canal+ de redonner de la valeur à son offre de télévision, dont le prix, autour de 40 euros, est jugée trop chère par certains observateurs.

Un plan de transformation a été engagé sous la conduite de Frank Cadoret, ancien directeur marketing de l'opérateur SFR, avec pour objectif de réduire les coûts, réaménager les offres, améliorer la technologie et enrichir les contenus.

(Gwénaëlle Barzic, édité par Marc Angrand)

 
Canal+ pourrait accuser une perte d'exploitation supérieure à 400 millions d'euros en France cette année si aucune mesure n'est prise pour riposter à l'inflation de ses coûts d'acquisition de droits sportifs et à l'érosion de sa base d'abonnés. Concurrencé sur le front du sport, du cinéma et des séries par l'émergence de beIN Sports, Netflix, Altice et consorts, la chaïne a subi 405.000 résiliations d'abonnements en France en 2015, ce qui s'est traduit par une perte annuelle - la quatrième consécutive - de 264 millions d'euros. /Photo prise le 10 mars 2016/REUTERS/Charles Platiau