La CE accuse Google d'abus de position dominante avec Android

mercredi 20 avril 2016 13h31
 

par Foo Yun Chee

BRUXELLES (Reuters) - La Commission européenne (CE) a accusé mercredi Google d'abus de position dominante avec son système d'exploitation pour appareils mobiles Android, ouvrant ainsi un second front contre le géant d'internet qui s'expose ainsi, en théorie, à de lourdes amendes.

L'exécutif européen reproche à Google de limiter le choix des consommateurs et de freiner l'innovation en imposant aux fabricants de téléphones mobiles et de tablettes de préinstaller les applications Google Search et Google Chrome sur leurs appareils.

Ces accusations, dont Google a été informé au moyen d'un document officiel intitulé communication des griefs, marquent un nouvel épisode dans la bataille juridique que se livrent la Commission européenne et la filiale du groupe Alphabet.

Il y a un an, l'exécutif européen avait accusé Google de favoriser son propre service de comparaison de prix lors de recherches sur internet. La décision de Bruxelles sur ce dossier est attendue dans le courant de cette année.

Le dossier Android est potentiellement plus lourd pour Google, qui a réalisé l'an dernier 11 milliards de dollars (9,7 milliards d'euros) de chiffre d'affaires sur les seules recettes publicitaires des combinés équipés de son système d'exploitation.

Le groupe américain pourrait écoper en théorie d'une amende allant jusqu'à 7,4 milliards de dollars (6,55 milliards d'euros), soit 10% du chiffre d'affaires réalisé en 2015, et être contraint de modifier ses pratiques commerciales.

"Au stade actuel de notre enquête, nous pensons que par son comportement Google prive les consommateurs d’un choix plus large d'applications et de services mobiles et que l'entreprise freine l’innovation émanant des autres acteurs, en violation des règles de concurrence de l’UE", écrit la commissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager, dans un communiqué.

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La Commission européenne accuse Google de favoriser abusivement ses propres applications en lien avec son système d'exploitation Android dans les accords passés avec les fabricants de téléphones mobiles et les opérateurs de réseaux. /Photo d'archives/REUTERS/Stephen Lam