Nokia coupe dans ses effectifs, tient ses engagements en France

mercredi 6 avril 2016 14h26
 

HELSINKI/PARIS (Reuters) - Nokia a lancé mercredi un programme de suppressions de postes dans la foulée du rachat de son concurrent Alcatel-Lucent qui touchera principalement en Europe ses effectifs en Finlande et en Allemagne.

La France, berceau historique de l'équipementier Alcatel-Lucent, est relativement épargnée, Nokia ayant confirmé lors d'un comité de groupe européen qu'il conserverait un total de 4.200 postes sur le territoire jusqu'à fin 2017 comme il s'y était engagé auprès du gouvernement français.

Environ 400 postes seront supprimés dans des fonctions centrales par l'équipementier télécoms finlandais qui prévoit dans le même temps de recruter 500 personnes sur trois ans dans le domaine de la R&D, dont 300 jeunes diplômés.

"Les engagements qui ont été pris lors du rachat d'Alcatel-Lucent sont tenus", a déclaré à Reuters Frédéric Aussédat, représentant du syndicat CFE-CGC.

Une porte-parole de Nokia en France a précisé que plusieurs sites français deviendront des centres de compétences mondiaux pour Nokia dédiés à de nouvelles technologies jugées prometteuses comme la 5G, le futur très haut débit mobile, la cybersécurité ou l'internet des objets.

L'Allemagne sera en revanche concernée par 1.400 suppressions de postes tandis que la Finlande perdra 1.300 de ses effectifs sur un total de 6.850.

"Il semble que les salariés finlandais aient perdu le match (face aux Français)", a déclaré Pertti Porokari, président de l'Union des ingénieurs professionnels en Finlande. "C'est un chiffre terrible, nous faisions déjà face à une situation difficile en termes d'emplois".

Nokia, qui emploie quelque 104.000 à travers le monde, prévoit de donner plus de détails en la matière lors de la publication de ses résultats trimestriels.

Projet annoncé en avril 2015, Nokia a racheté Alcatel-Lucent pour 15,6 milliards d'euros afin d'être mieux armé pour rivaliser avec le suédois Ericsson et le chinois Huawei dans un marché où croissance limitée et forte concurrence tirent sur les prix.

(Jussi Rosendahl, avec Gwénaëlle Barzic et Benoit Van Overstraeten à Paris et le bureau de Francfort, édité par Jean-Michel Bélot)

 
Le siège de Nokia à Espoo en Finlande. Nokia a lancé mercredi un programme de suppressions de postes après avoir finalisé en janvier le rachat du groupe franco-américain Alcatel-Lucent, l'équipementier télécoms finlandais ne précisant pas le nombre total de postes concernés. /Photo prise le 6 avril 2016/REUTERS/Antti Aimo-Koivisto/Lehtikuva