Marco Patuano sous pression de Vivendi chez Telecom Italia

samedi 5 mars 2016 12h37
 

par Agnieszka Flak et Danilo Masoni

MILAN (Reuters) - Une hausse de plus de 11% du cours de Bourse en une semaine satisferait sans doute plus d'un dirigeant d'entreprise. Mais il loin d'être certain que ce soit le cas pour Marco Patuano, l'administrateur délégué de Telecom Italia.

La réunion à laquelle il a participé mercredi à Paris avec les dirigeants de Vivendi, son premier actionnaire, a en effet nourri les spéculations sur la volonté du groupe français et de son président, Vincent Bolloré, d'infléchir la stratégie du groupe italien, avec ou sans lui.

Certains investisseurs estiment qu'en faisant monter la pression, Vivendi pourrait bien préparer le terrain à une révision en profondeur de la stratégie de l'ex-monopole italien des télécommunications.

"Patuano est un peu un homme du passé et je ne sais pas combien de temps il pourra rester en selle, à moins de se ranger derrière Vivendi", déclare ainsi Tommaso Iaquinta, de la banque d'investissement Livolsi-Iaquinta & Partners.

Depuis son arrivée à la tête de Telecom Italia fin 2013, Patuano s'est employé à diriger le groupe tout en conciliant les intérêts hautement sensibles et parfois divergents de l'Etat, des salariés et des actionnaires.

Il a notamment augmenté les investissements dans le haut débit et le mobile, une stratégie compatible avec la volonté du gouvernement de Matteo Renzi de placer la péninsule parmi les pays les mieux connectés d'Europe.

Il a aussi conclu des accords avec différents fournisseurs de contenus, comme Sky Italia, Netflix et Mediaset pour tenter de trouver de nouvelles sources de revenus et de ne pas se laisser distancer par ses rivaux.

A la différence de son prédécesseur, Franco Bernabe, qui s'opposait aux cessions d'actifs et prônait une augmentation de capital, Patuano a vendu des activités jugées non-stratégiques pour désendetter Telecom Italia, ramenant la dette à environ 27 milliards d'euros.   Suite...

 
A en croire les spéculations à l'issue de la réunion de mercredi à Paris Vivendi et son président, Vincent Bolloré, envisagent d'infléchir la stratégie du groupe italien Telecom Italia, avec ou sans son administrateur délégué Marco Patuano, désormais sous pression. /Photo prise le 13 janvier 2016/REUTERS/Remo Casilli