La montée de Vivendi dans Telecom Italia irrite des fonds

vendredi 20 novembre 2015 07h53
 

par Maria Pia Quaglia

MILAN (Reuters) - Un groupe de fonds d'investissement italiens et étrangers a déclaré jeudi que la demande de Vivendi d'avoir près d'un quart des sièges au conseil d'administration de Telecom Italia soulevait des problèmes de gouvernance et des questions sur ses intentions vis-à-vis du groupe italien.

Vivendi veut que le nombre de sièges au conseil soit porté de 13 à 17 et que quatre de ces 17 sièges lui reviennent à l'issue de l'assemblée générale prévue le 15 décembre.

Le groupe français, présidé par Vincent Bolloré, est le premier actionnaire de l'ex-monopole italien des télécommunications depuis juin, lorsqu'il a repris les 8,3% du capital de Telefonica en paiement d'une partie de sa filiale brésilienne GVT, rachetée par Telefonica Brasil. Il a ensuite commencé à racheter des actions Telecom Italia après la dissolution de Telco, la holding qui associait l'opérateur espagnol et trois investisseurs financiers italiens et qui détenait auparavant 22,4% du capital. Mardi, Vivendi a annoncé avoir porté sa participation à 20,116%.

Dans une lettre adressée au président de Telecom Italia Giuseppe Recchi, à l'administrateur délégué Marco Patuano et à l'ensemble du conseil, les fonds ont demandé que la proposition de Vivendi soit examinée en urgence.

Ils disent qu'une telle mesure aurait pour conséquence non seulement de diluer la représentation des investisseurs institutionnels au conseil mais donnerait à Vivendi la possibilité d'"exercer une influence plus grande que ce à quoi lui donne droit la part qu'il détient dans Telecom Italia".

Ils s'inquiètent aussi de l'absence de protection contre la possibilité que les membres du conseil de Vivendi influent sur le sort d'une société avec laquelle le groupe français est en concurrence.

Telecom Italia et Vivendi n'ont souhaité faire aucun commentaire dans l'immédiat.

  Suite...

 
Un groupe de fonds d'investissement italiens et étrangers a déclaré jeudi que la demande de Vivendi d'avoir près d'un quart des sièges au conseil d'administration de Telecom Italia soulevait des problèmes de gouvernance et des questions sur ses intentions vis-à-vis du groupe italien.  /Photo d'archives/REUTERS/Max Rossi