L'Etat islamique joue à cache-cache sur la messagerie Telegram

jeudi 19 novembre 2015 17h06
 

par Eric Auchard et Jeremy Wagstaff

FRANCFORT/SINGAPOUR (Reuters) - Le service de messagerie mobile Telegram a fermé en urgence des canaux de diffusion utilisés par le groupe Etat islamique pour promouvoir sa cause et recruter des adhérents, mais l'organisation djihadiste continue semble-t-il à créer de nouveaux réseaux tout aussi vite.

Dans un communiqué publié mercredi sur son site internet, Telegram dit avoir pu identifier et bloquer sur son site 78 canaux de diffusion de l'EI en 12 langues.

Mais une partie des sites de l'EI bloqués par Telegram sont rapidement réapparus ailleurs sur son réseau. Certains ont été à leur tour rapidement fermés tandis que d'autres continuent à être utilisés.

"Le problème avec le blocage des groupes comme Telegram, comme quand on suspend des comptes Twitter ou Facebook, c'est que ça devient un jeu pour les partisans de l'EI de voir à quelle vitesse ils vont pouvoir monter un autre compte", explique la chercheuse Sidney Jones, qui tient un cercle de réflexion basé à Djakarta en Indonésie.

Souvent, il suffit de changer une lettre ou d'ajouter un chiffre et d'ensuite faire connaître le nouveau nom à ses abonnés, ajoute-t-elle.

Telegram, basé à Berlin, a été créé il y a deux ans par les deux frères qui ont fondé Vkontakte, le réseau social russe le plus populaire. Ce réseau est utilisé partout dans le monde par ceux qui veulent télécharger et partager rapidement textes, vidéos et messages vocaux avec un niveau très élevé de sécurité.

Il y a deux mois, une nouvelle fonctionnalité de Telegram est devenue la méthode préférée du groupe Etat islamique pour diffuser ses informations et partager ses vidéos, selon les chercheurs spécialisés.

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Le service de messagerie mobile Telegram a fermé en urgence des canaux de diffusion utilisés par le groupe Etat islamique pour promouvoir sa cause et recruter des adhérents, mais l'organisation djihadiste continue semble-t-il à créer de nouveaux réseaux tout aussi vite.. /Photo prise le 18 novembre 2015/REUTERS/Dado Ruvic