7 septembre 2015 / 14:56 / il y a 2 ans

La robotique créera une avalanche d'emplois, selon Bruno Bonnell

Robots industriels dans une usine Renault à Flins (Yvelines). Pour Bruno Bonnell, un multi-entrepreneur lyonnais qui s'est vu confier par le gouvernement une mission pour organiser la filière robotique française, la robotisation de l'économie provoquera "une avalanche d'emplois", contrairement aux idées reçues, et le retard français dans ce domaine peut être une chance pour équiper le pays en nouveaux robots de pointe. /Photo prise le 5 mai 2015/Benoît Tessier

LYON (Reuters) - La robotisation de l'économie française provoquera "une avalanche d'emplois", contrairement aux idées reçues, et le retard français dans ce domaine peut être une chance pour équiper le pays en nouveaux robots de pointe.

C'est la prédiction faite par Bruno Bonnell, multi-entrepreneur lyonnais et un des leaders du secteur en France, qui s'est vu confier par le gouvernement une mission pour organiser la filière robotique française.

"C’est une avalanche d’emplois qui va déferler en France, on va les compter par centaines de milliers", a-t-il dit à Reuters. "Ce secteur représentera 20 à 25% du marché de l’emploi d’ici 2050. Et 100% des jeunes qui s’orienteront vers ce secteur trouveront un travail."

Cet homme de 56 ans a investi dès 2006 dans la robotique en montant Robopolis, une start-up spécialisée dans la distribution de robots de service comme l’aspirateur Roomba (100 millions d’euros de chiffre d’affaires et 90 employés), puis Awabot, développeur de logiciels et de systèmes de téléprésence, ou encore le fonds d’investissement Robolution Capital (80 millions d’euros de chiffre d'affaires).

Il voit dans cette filière un véritable levier de croissance pour l’économie française.

"C’est un secteur de l’industrie qui enregistre une croissance à trois chiffres depuis cinq ans", relève Bruno Bonnell, qui prédit que "la robotique prendra bientôt la place occupée par internet dans les années 2000, ou celle de l’informatique dans les années 80".

Le secteur apparaît aujourd’hui comme un véritable gisement de start-ups. "Il y a deux ans, au moment du lancement du fonds d’investissement Robolution Capital, nous recevions un dossier par mois. Aujourd’hui, c’est un dossier par jour", dit-il.

Le marché de la robotique, qui représente aujourd’hui 15 milliards d’euros dans le monde, promet d’atteindre les 100 milliards d’euros d’ici 2020.

DES NOUVEAUX MÉTIERS

Ce secteur provoque pourtant certaines peurs en France, notamment pour l’emploi, mais l'entrepreneur compare les changements amenés par les robots à ceux redoutés lors de l’arrivée de l’automobile. "On a perdu des centaines d’emplois avec la disparition du transport à cheval, mais on en a créé des dizaines de milliers avec l’automobile."

Il cite notamment l’apparition de tout un vivier de "nouveaux métiers" comme téléopérateur, téléguide de robots à distance ou de pilote de drones qui géreront des robots qui pénétreront dans tous les domaines de la vie quotidienne. 

Pour lui, les villes de demain auront par exemple plusieurs niveaux de circulation : "Il y aura la circulation automobile, et au-dessus la circulation de drones, qui seront chargés d’effectuer les livraisons, mais aussi la surveillance des villes, des forêts, des océans".

La France, reconnaît-il, affiche aujourd’hui un vrai retard dans l’équipement de robots industriels de ses entreprises face à ses voisins européens.

"La France est effectivement cinq fois moins équipée que l’Allemagne en robots industriels, et trois fois moins que l’Italie", reconnaît Bruno Bonnell. "Mais ça veut simplement dire que notre tissu industriel est moins important."

Il voit aussi dans cette situation une chance.

"Il y a donc en France un marché potentiel très important, c’est une chance pour ses entreprises qui bénéficieront ainsi des derniers équipements de pointe et offriront d’importants marchés aux entreprises spécialisées dans la robotique", nombreuses et performantes en France, explique-t-il.

C’est son profil de multi-entrepreneur - il a créé une trentaine d’entreprises dans sa vie, dont Infogrammes-Atari, ou encore Infonie - qui a amené le groupe Endemol a choisir Bruno Bonnell pour tête d’affiche de la prochaine émission de téléréalité diffusée sur M6 à partir du 9 septembre.

"The Apprentice" sera la version française du concept américain animé par Donald Trump et décliné déjà dans 24 pays.

Le chef d'entreprise lyonnais aura à départager 14 candidats - sept hommes et sept femmes âgés de 20 à 40 ans - qui s’affronteront pour décrocher un CDI de directeur du développement commercial dans son entreprise.

Edité par Yves Clarisse

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