Les républicains bloquent une réforme de la NSA

mercredi 19 novembre 2014 07h57
 

WASHINGTON (Reuters) - Un projet de loi visant notamment à mettre un terme la possibilité pour l'Agence nationale de sécurité (National Security Agency, NSA) américaine d'enregistrer et de conserver des conversations téléphoniques a échoué de deux voix lors d'un vote au Sénat organisé mardi.

Nombre d'élus républicains de premier plan ont réussi à faire basculer l'issue du vote en disant que le texte profiterait aux ennemis des Etats-Unis, dont les militants de l'Etat islamique.

Le projet de loi, appelé "USA Freedom Act", était porté par les démocrates et une poignée de républicains préoccupés par le respect de la vie privée des Américains.

Le texte a recueilli 58 voix, manquant donc de justesse le seuil des 60 requis.

Le sénateur républicain Mitch McConnell, qui deviendra en janvier le nouveau chef de la majorité au Sénat, s'est montré virulent contre toute réforme de la NSA, dont le programme de surveillance à grande échelle avait été révélé l'an dernier par l'ancien analyste Edward Snowden.

Après ces révélations, Barack Obama avait appelé le Congrès en janvier à mettre un frein à la collecte et au stockage de données provenant d'appels téléphoniques passés par des millions d'usagers américains.

Mais après la tentative ratée de ce mardi, une réforme de la NSA ne semble pas à l'ordre du jour à moyen terme puisque les républicains deviendront officiellement majoritaires au Sénat après le 1er janvier.

"Si notre objectif est de (...) détruire l'Etat islamique, comme le président l'a dit, il nous faudra preuve d'une détermination sans failles et d'une grande intelligence politique. En la matière, le minimum est de rien faire susceptible d'aggraver la situation", a dit Mitch McConnell.

(Patricia Zengerle, Benoît Van Overstraeten pour le service français)

 
Un projet de loi visant notamment à mettre un terme la possibilité pour l'Agence nationale de sécurité (National Security Agency, NSA) américaine d'enregistrer et de conserver des conversations téléphoniques a échoué de deux voix lors d'un vote au Sénat mardi. /Photo d'archives/REUTERS/NSA