13 novembre 2014 / 20:29 / dans 3 ans

Uber lance un nouveau service en France avant une audience clé

Uber, qui permet de commander un véhicule avec chauffeur à partir d'un smartphone dans plus de 250 villes à travers le monde, va lancer un nouveau service à Paris permettant aux usagers de partager un trajet pour faire des économies. /Photo prise le 15 septembre 2014/REUTERS/Kai Pfaffenbach

PARIS (Reuters) - Uber, qui permet de commander un véhicule avec chauffeur à partir d‘un smartphone dans plus de 250 villes à travers le monde, va lancer un nouveau service à Paris permettant aux usagers de partager un trajet pour faire des économies.

Baptisé UberPool, cette nouvelle offre de la populaire start-up américaine sera disponible à partir de vendredi dans la capitale française.

Ce lancement intervient à une semaine d‘une importante audience de justice pour le spécialiste des voitures de tourisme avec chauffeur (VTC), accusé par plusieurs concurrents de concurrence déloyale pour son service baptisé UberPop.

Cette offre, qui a séduit 160.000 utilisateurs en France sur un total de 500.000 pour l‘ensemble des offres proposées par Uber, permet à des propriétaires de véhicules non-professionnels de prendre en charge des passagers à un prix attractif.

Uber a déjà été condamné mi-octobre à une amende de 100.000 euros pour avoir présenté UberPop comme du covoiturage, la justice ayant estimé qu‘il s‘agissait d‘une offre payante de transport entre particuliers. Saisi en référé, le tribunal de commerce de Paris devra dire le 21 novembre si Uber pourra continuer à proposer ce service.

Pierre-Dimitri Gore-Coty, dirigeant des activités d‘Uber pour l‘Ouest de l‘Europe, explique qu‘Uber a décidé de ne pas reporter le lancement d‘UberPool, bien que cette déclinaison d‘UberPop puisse prochainement être déclarée illégale.

“Nous prenons évidemment les processus juridiques au sérieux et nous répondrons quand cela sera nécessaire à des décisions de justice dans les pays où nous opérons”, a-t-il déclaré dans un entretien à Reuters. “Mais nous n‘accepterons jamais de faire des changements qui vont à l‘encontre des intérêts de nos consommateurs à moins que nous y soyions obligés”.

Uber a montré ces derniers mois une attitude tout aussi pugnace au fil de son expansion dans sept nouvelles villes européennes, portant sa présence à 25 grandes agglomérations sur le continent. Il a provoqué au passage des poursuites judiciaires et des manifestations de chauffeurs de taxis de Londres jusqu‘à Rome, en passant par Paris et Berlin.

Le Parlement français, pour sa part, a adopté définitivement fin septembre une proposition de loi socialiste qui vise à rééquilibrer les conditions d‘exercice des taxis et des VTC, afin d‘apaiser les tensions entre les deux professions. Le texte prévoit que les VTC retournent à leur base entre chaque course, sauf en cas de “réservation préalable ou d‘un contrat avec le client final”, de même qu‘il interdit la géolocalisation pour les VTC, un point fort de l‘application d‘Uber.

LA JUSTICE ALLEMANDE INTERVIENT

Des tribunaux à Berlin et Hambourg ont d‘ores et déjà interdit le service classique de limousine d‘Uber “UberBlack”, ainsi que l‘offre UberPop de transport entre particuliers.

La justice ayant estimé que des automobilistes ne peuvent pas transporter d‘autres personnes pour gagner de l‘argent, Uber s‘est conformé à cette décision en reduisant les prix de son offre UberPop. Mais cette mesure a dissuadé nombre de candidats, et Uber a récemment autorisé les chauffeurs de taxi classiques à prendre ce type de courses grâce à son application pour smartphone.

Pierre-Dimitri Gore-Coty reconnaît que les différentes décisions de la justice allemande ont cassé l‘attractivité de son offre UberPop en Allemagne. “Sur les tarifs réduits d‘UberPop, il n‘y a pas de réel business model”, dit-il. “La justice a réduit l‘incitation aux conducteurs, donc nous invitons les taxis de manière à résoudre ce problème et à montrer que nous sommes une plateforme ouverte.”

“Malgré les apparences, la situation n‘est pas sombre partout en Europe”, ajoute-t-il. “Vous rencontrez le plus de tension là où l‘industrie du taxi a été la plus protégée, mais nous commençons à voir les choses plus positivement.”

Il cite l‘attitude devenue plus bienveillante de la part de pays comme l‘Espagne ou les Pays-Bas.

Pour financer le bras-de-fer qu‘il livre ailleurs, Uber peut compter sur le 1,2 milliard de dollars qu‘il a levé en juin auprès d‘investisseurs, parmi lesquels Google Ventures et BlackRock, lors d‘un tour de table où l‘entreprise s‘est vue valorisée 18 milliards de dollars. La semaine dernière, le Financial Times a rapporté que la société venait d‘entamer des discussions pour lever un milliard supplémentaire.

Grâce à cet argent, elle a pu s‘offrir les services de l‘ancien directeur des Affaires publiques de NYSE Euronext Mark MacGann, nommé représentant à Bruxelles, ou encore ceux de l‘ancien directeur de campagne du président américain Barack Obama David Plouffe, devenu lobbyiste à Washington.

Avec Gwénaëlle Barzic, édité par Gilles Guillaume et Véronique Tison

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