23 octobre 2014 / 20:04 / il y a 3 ans

EE anticipe une convergence accrue dans les télécoms britanniques

L'opérateur mobile britannique EE, dont Orange est copropriétaire avec Deutsche Telekom, se prépare à de possibles rapprochements à compter de l'an prochain outre-Manche entre acteurs du fixe et du mobile, une tendance à l'oeuvre dans le reste de l'Europe. /Photo d'archives/Neil Hall

PARIS/LONDRES/FRANCFORT (Reuters) - L'opérateur mobile britannique EE, dont Orange est copropriétaire avec Deutsche Telekom, se prépare à de possibles rapprochements à compter de l'an prochain outre-Manche entre acteurs du fixe et du mobile, une tendance à l'oeuvre dans le reste de l'Europe.

Le numéro un du mobile en Grande-Bretagne n'a pour l'instant reçu aucune sollicitation, selon Gervais Pellissier, directeur général délégué d'Orange chargé des opérations en Europe et de EE, qui s'attend cependant à ce que la Grande-Bretagne saute le pas, possiblement dès l'an prochain.

"EE assemble actuellement les différentes pièces pour être un opérateur convergent, sans à ce jour avoir franchi l'étape suivante, qui consiste à aller plus loin en recherchant d'éventuelles associations avec des acteurs fixes", a expliqué l'ancien directeur financier d'Orange lors d'une conférence téléphonique à l'occasion des trimestriels du groupe.

"Je pense que c'est la deuxième étape, la deuxième bataille qui se produira probablement selon nous en 2015", a-t-il ajouté.

Thématique en vogue, la convergence désigne la capacité des opérateurs à proposer des offres couplées fixe et mobile, également baptisées "quadruple play", associant le mobile, la télévision, le téléphone et internet.

Elles sont considérées comme une carte maîtresse par les opérateurs qui espèrent ainsi riposter à la compétition sur les prix en enrichissant leurs offres tout en rendant leurs abonnés davantage "captifs".

La convergence est déjà largement à l'oeuvre en France, à l'image du rapprochement entre SFR (filiale de Vivendi) et le câblo-opérateur Numericable, ou en Espagne.

Le marché britannique grand public en revanche a longtemps été marqué par une ligne de séparation entre les acteurs mobiles d'un côté comme EE, O2 (filiale de Telefonica), Vodafone et 3 (Hutchison Whampoa) et de l'autre les acteurs du fixe dont l'ancien monopole BT et le câblo-opérateur Virgin Media (Liberty Media).

LA GRANDE-BRETAGNE GAGNÉE PAR LA CONVERGENCE

Les frontières commencent cependant à s'estomper et plusieurs acteurs proposent déjà des offres couplées via des accords d'itinérance avec d'autres opérateurs pour utiliser leur réseau. Le marché attend désormais l'arrivée en mars prochain du géant BT sur le marché du mobile grand public après un accord passé avec EE lui permettant de louer son réseau mobile.

"Il y a quelque chose dans l'air mais qui n'a pas encore commencé", a souligné Gervais Pellissier.

Des sources bancaires ont dit à Reuters qu'au moins deux des principaux opérateurs mobiles du pays pourraient vouloir se désengager du marché britannique à la condition de pouvoir trouver un repreneur.

Selon les sources, tous placent leurs espoirs dans l'opérateur historique BT bien que ce dernier semble avoir d'autres projets.

Pour assurer sa percée prochaine dans le mobile, l'ancien monopole, toujours leader dans le fixe, a prévu d'associer non seulement le réseau mobile de EE mais aussi des fréquences 4G qu'il a récemment acquises ainsi que son important réseau de hot spots wifi et son réseau fixe sur lequel une partie importante du trafic sera dérouté, limitant au final la contribution qu'il devra verser à EE pour louer son réseau.

"Tout le monde est terrifié par ce que BT va faire", a déclaré un banquier du secteur à Reuters la semaine dernière, ajoutant qu'une "baisse sévère des prix pourrait faire de gros dégâts".

Prié de dire si BT pourrait envisager un rachat de EE ou d'un autre opérateur mobile, un porte-parole de l'opérateur a répondu qu'il ne faisait pas de commentaire sur les spéculations de marché ou sur les rumeurs.

TOUTES LES OPTIONS OUVERTES POUR EE

Gervais Pellissier a souligné que EE n'avait pour l'instant reçu aucune sollicitation.

"Aujourd'hui, personne n'est venu nous voir, que ce soit les acteurs du fixe pour dire qu'ils sont à la recherche d'une association, ou l'opérateur historique, les grands opérateurs du câble ou les plus petits acteurs", a-t-il expliqué. "Je pense que ce n'est pas à leur ordre du jour aujourd'hui."

Les acteurs britanniques se sont en effet concentrés sur l'acquisition de droits sur des contenus en vue de conserver leurs abonnés, à l'image de BT qui a défié le groupe de télévision BSkyB en achetant des droits sportifs.

Mais le britannique Vodafone a également dépensé la bagatelle de 7,2 milliards d'euros pour acquérir l'opérateur du câble espagnol Ono, l'une des dernières grandes transactions en date dans la vague européenne de la convergence.

Dans ce paysage britannique en voie de chamboulement, l'avenir du numéro un du mobile EE fait l'objet de nombreuses spéculations, notamment sur l'éventualité d'une mise en Bourse.

Interrogé à ce sujet, EE n'a souhaité faire aucun commentaire de même que Deutsche Telekom.

Le directeur financier d'Orange Ramon Fernandez a quant à lui estimé jeudi que "la meilleure option" pour Orange et son partenaire Deutsche Telekom à ce stade consistait à conserver la structure de capital de EE en l'état.

A moyen et long terme, toutes les options restent ouvertes, a-t-il ajouté.

Avec Paul Sandle à Londres, édité par Dominique Rodriguez

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