IBM, le blues de "Big Blue" à l'heure du cloud

mardi 21 octobre 2014 11h26
 

par Marina Lopes

WASHINGTON (Reuters) - Interrogée récemment sur la meilleure manière de faire évoluer une entreprise, Ginni Rometty, la PDG d'IBM, a prôné la "réinvention sans relâche", ajoutant qu'il ne fallait pas crainte de remettre en cause le passé. Mais appliquer ces principes à IBM lui-même se révèle plus facile à dire qu'à faire.

Les activités les plus anciennes ont déjà été fermées ou vendues et celles qui devraient assurer son avenir, comme le "cloud" et la sécurité, sont à la peine face à une concurrence acharnée.

Les résultats trimestriels publiés lundi reflètent un ralentissement marqué de l'activité en septembre et le groupe a renoncé à son objectif de bénéfice d'exploitation 2015, tout en annonçant la cession de ses activités déficitaires de semi-conducteurs.

Analystes et investisseurs s'accordent à dire qu'IBM doit bien réinventer en permanence mais ils ajoutent que certaines des recettes utilisées par d'autres grands noms du secteur, comme la scission des activités les moins porteuses, ne sont pas pertinentes pour le groupe, qui s'est déjà transformé en fournisseur de services au début des années 2000.

"Je ne vois pas comment IBM pourrait se lancer dans une démarche de ce type, notamment parce qu'il s'est systématiquement désengagé de certaines activités qui pesaient sur ses résultats au cours de la dernière décennie", explique Charles King, analyste de Pund-It.

Ginni Rometty, à la tête du groupe depuis trois ans, a accéléré la politique de cessions en vendant les serveurs d'entrée de gamme d'IBM au chinois Lenovo et, ce lundi, les semi-conducteurs à GlobalFoundries. Elle a ainsi tiré un trait sur deux marchés qui plombaient les comptes.

Mais d'autres problèmes restent posés: les activités de stockage, de serveurs et de logiciels d'entreprise sont à la peine et le groupe est confronté à une concurrence de plus en plus sérieuse dans le "cloud computing", l'informatique dématérialisée, de la part de nouveaux acteurs comme Amazon.

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Ginni Rometty, PDG d'IBM. Les résultats trimestriels publiés lundi reflètent un ralentissement marqué de l'activité en septembre et le groupe a renoncé à son objectif de bénéfice d'exploitation 2015, tout en annonçant la cession de ses activités déficitaires de semi-conducteurs. /Photo d'archives/REUTERS/Brendan McDermid