8 janvier 2016 / 15:51 / il y a 2 ans

Numericable-SFR change de casting pour redresser la barre

Eric Denoyer, le directeur général de Numericable-SFR, lors de la présentation de la nouvelle box du groupe. Le numéro deux français des télécoms a remanié son état-major avec le départ de ce dernier afin de repartir d'un nouveau pied après une année de fusion éprouvante émaillée par des pertes de clients, un bras de fer avec les fournisseurs et des tensions avec les pouvoirs publics. /Photo prise le 9 novembre 2015/Benoît Tessier

PARIS (Reuters) - Numericable-SFR a remanié son état-major pour repartir d'un nouveau pied après une année de fusion éprouvante émaillée par des pertes de clients, un bras de fer avec les fournisseurs et des tensions avec les pouvoirs publics.

Chef d'orchestre de l'intégration des équipes de Numericable et de SFR, Eric Denoyer quitte ses fonctions de directeur général avec effet immédiat, a annoncé jeudi soir le numéro deux français des télécoms.

Ce départ, qui intervient quatre mois après la nomination à la présidence de l'énergique Michel Combes, n'est pas une sanction, assure cependant le groupe. Eric Denoyer, compagnon de route depuis 11 ans du propriétaire de l'opérateur, Patrick Drahi, sera appelé à siéger au conseil d'administration.

Son successeur, dont le nom doit être annoncé rapidement, aura la lourde tâche de mettre en musique la nouvelle étape de reconquête des clients annoncée par Michel Combes après une première année dédiée à la réduction agressive des coûts et à la restructuration des activités.

"SFR est en phase de reconquête commerciale, de relance globale de l'entreprise. C'est logique qu'il y ait une nouvelle impulsion", explique une source au fait du dossier.

Selon les projections de Deutsche Bank, Numericable-SFR, qui souffre de problèmes de qualité de réseau, devrait avoir perdu 1,3 million de clients mobiles en 2015 alors que l'ensemble de ses concurrents ont, eux, gagné des abonnés. Le groupe annoncera ses résultats annuels le 25 février.

Dans un entretien aux Echos, Michel Combes assure cependant que l'opérateur, qui a multiplié les promotions ces derniers mois, a renoué avec des ventes nettes positives dans le mobile au dernier trimestre.

Lors de la même période, le groupe a mis le pied sur l'accélérateur dans le déploiement de son réseau 4G passant de 3.431 à 4.587 antennes en service.

MICHEL COMBES IMPOSE SA MARQUE

"La stratégie de Drahi fonctionne : on rachète une société avec beaucoup de dette et on baisse les coûts pour augmenter la marge mais il ne faut pas que le chiffre d'affaires s'en aille", explique Gilles Guibout, responsable des Stratégies actions européennes chez Axa Investment Managers.

"On est dans des métiers à coûts fixes. Il y avait une urgence à faire des changements pour stopper la baisse du chiffre d'affaires. Cela passe notamment par une reprise des investissements dans les réseaux."

L'an dernier, Numericable-SFR a perdu 3,52% en Bourse quand ses concurrents Orange, Iliad et Bouygues ont gagné respectivement 9,43%, 10,72% et 21,90%.

Sa maison-mère Altice a quant à elle dégringolé de 16,48%, les investisseurs s'inquiétant de la montagne de dette accumulée au terme d'une frénésie d'acquisitions.

A la tête d'un empire allant de SFR à Portugal Telecom en passant par les américains Cablevision et Suddenlink, Patrick Drahi a annoncé une pause dans les acquisitions pour donner la priorité à l'intégration de ses emplettes.

Pour Xavier Courtillat, délégué syndical central CFDT chez SFR, les changements annoncés au comité exécutif marquent aussi l'empreinte de Michel Combes venu de l'équipementier Alcatel-Lucent après avoir travaillé pour les opérateurs Vodafone et France Télécom (Orange).

"Michel Combes est en train de se constituer un comité exécutif à sa main. Au vu de son expérience dans de grands groupes internationaux, il n'est pas étonnant qu'il veuille apporter des changements par rapport à une équipe historique à forte dominante Numericable", explique le responsable syndical.

Numericable-SFR pourra également compter sur l'ancien responsable des participations de l'Etat Régis Turrini pour se rabibocher avec les pouvoirs publics, échaudés par les méthodes musclées de l'opérateur vis à vis de ses fournisseurs et sous-traitants. Le groupe a écopé d'une amende de 750.000 euros l'an dernier en raison de ses retards de paiement.

Les organisations syndicales ont également alerté sur les tensions sociales au sein de l'entreprise.

Michel Combes, qui s'est adressé ce vendredi aux salariés lors d'une vidéoconférence, a nommé une nouvelle directrice des ressources humaines, Florence Cauvet, ancienne d'Areva, tandis qu'un nouveau dirigeant des activités grand public doit être désigné.

"Il y avait sans doute la nécessité d'avoir un renouvellement du casting total pour rétablir de la discussion entre toutes les parties prenantes. Il était de temps de pacifier les relations", estime Gilles Guibout.

Avec Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Jean-Michel Bélot

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