December 15, 2015 / 8:04 PM / 2 years ago

Vivendi obtient quatre sièges au conseil de Telecom Italia

5 MINUTES DE LECTURE

Vivendi a obtenu quatre sièges au sein du conseil d'administration de Telecom Italia, dont il est le premier actionnaire, tout en bloquant l'adoption d'un plan de conversion de titres d'épargne qui aurait dilué sa participation de 20,5%. /Photo d'archives/Gonzalo Fuentes

ROZZANO, Italie (Reuters) - Vivendi a affirmé mardi son autorité sur Telecom Italia, dont il est le premier actionnaire, en obtenant quatre sièges au sein du conseil d'administration de l'opérateur italien tout en bloquant l'adoption d'un plan de conversion de titres d'épargne qui aurait dilué sa participation de 20,5%.

Malgré l'opposition de plusieurs fonds d'investissement contrôlant une part importante du capital de Telecom Italia, Vivendi est parvenu à faire adopter par l'assemblée générale extraordinaire (AGE) sa proposition lui octroyant quatre sièges au conseil d'administration en augmentant de 13 à 17 le nombre d'administrateurs.

Les représentants du groupe français emmené par Vincent Bolloré devraient siéger dès mercredi lors d'une réunion du conseil, a dit le président de Telecom Italia, Giuseppe Recchi.

Auparavant au cours de cette AGE, Vivendi s'est abstenu lors du vote sur le projet de conversion de six milliards de titres d'épargne en actions ordinaires.

En conséquence, cette proposition, pourtant soutenue par le conseil d'administration et la direction de Telecom Italia, n'a obtenu que 62,5% des votes, un résultat inférieur à la majorité des deux tiers requise pour son adoption.

La proposition de Vivendi sur la composition du conseil d'administration ne nécessitait en revanche qu'une majorité simple et elle a recueilli 53% de votes favorables. Cela signifie que le groupe français est parvenu à convaincre d'autres actionnaires malgré une recommandation contraire donnée à des fonds d'investissement contrôlant conjointement 65% des droits de vote.

Le président du directoire de Vivendi, Arnaud de Puyfontaine, a qualifié l'ex-monopole italien des télécommunications de "navire sans gouvernail" tant que le conseil d'administration ne reflèterait pas le tour de table.

Vivendi Reste prêt à Discuter De Conversion De Titres

Vivendi a investi cette année plus de trois milliards d'euros pour augmenter sa participation dans Telecom Italia et sa décision de faire obstacle au plan de conversion de titres d'épargne en actions peut apparaître comme un désaveu infligé à la direction et au conseil actuels.

Elle posera inéluctablement la question du maintien des dirigeants en place bien que leur mandat aille jusqu'en avril 2017, selon des sources proches du dossier.

Les administrateurs de Telecom Italia ont approuvé le mois dernier cette conversion de titres destinée à générer de la trésorerie.

Arnaud de Puyfontaine a déclaré à l'AGE que son groupe était favorable à ce plan de conversion mais qu'il souhaitait en discuter à nouveau, compte tenu de l'effet de dilution qu'il aurait sur sa participation. Ce projet aurait aussi dilué la participation potentielle de Xavier Niel, le patron d'Iliad, récent propriétaire d'options qui lui permettraient de prendre 15,1% du capital.

"Nous sommes désolés car nous manquons une opportunité pour l'entreprise (...) mais maintenant que nous les avons avec nous au sein du conseil, nous examinerons ce projet à l'avenir dès que l'occasion se présentera à nouveau", a dit Giuseppe Recchi à l'issue de l'AGE.

Sous la pression, le président de Telecom Italia a défendu les réalisations du conseil devant les actionnaires.

"En ce qui concerne l'efficacité et la qualité du travail de ce conseil d'administration, j'aimerais simplement souligner que depuis qu'il est entré en fonction, l'action du groupe a progressé de 40%", a-t-il dit.

Toutefois, une bonne part de cette hausse est due aux spéculations autour des prises de participation de Vivendi et de Xavier Niel, dans un contexte de consolidation d'un secteur des télécoms en quête d'économies d'échelle face à une demande croissante de services fixes et mobiles convergents et rapides.

Ni Vincent Bolloré ni Xavier Niel n'ont exposé jusqu'à présent leur vision du rôle que pourrait jouer Telecom Italia dans cette consolidation.

Cité lundi par le Corriere della Sera, Arnaud de Puyfontaine a dit ne jamais avoir cru qu'Orange pouvait constituer une option pour Telecom Italia.

Avec Silvia Aloisi; Véronique Tison, Juliette Rouillon et Bertrand Boucey pour le service français

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below