Bouygues repousse l'offre d'Altice sur sa filiale télécoms

mardi 23 juin 2015 22h18
 

par Gilles Guillaume et Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - Bouygues a rejeté mardi soir l'offre du groupe européen de télécoms Altice, maison-mère de Numericable-SFR, en vue du rachat de sa filiale Bouygues Telecom, estimant que cette dernière est en mesure aujourd'hui de poursuivre seule son développement.

Le groupe de BTP, de médias et de télécommunications explique notamment avoir jugé les risques d'exécution d'un mariage entre sa filiale et Numericable-SFR trop importants au regard des enjeux de concurrence.

"Aucune réponse pleinement satisfaisante n'est apportée par Altice sur ce sujet essentiel (du droit de la concurrence, ndlr) qui serait étudié en détail par l'Autorité de la concurrence", souligne Bouygues dans un communiqué diffusé à l'issue de la réunion de son conseil d'administration.

"En outre, elle ne prend pas en compte le lancement imminent de la procédure d'attribution des fréquences 700 MHz et ses conséquences sur l'opération", poursuit le groupe.

Bouygues justifie également sa décision par les risques sociaux et en termes d'emplois que pourrait comporter un tel mariage, déjà vu d'un très mauvais oeil par le gouvernement.

Et pour illustrer sa capacité à rester indépendant, le groupe de BTP souligne que Bouygues Telecom a les moyens de retrouver à l'horizon 2017 une marge d'Ebitda de 25% minimum, son niveau de 2011, avant la guerre des prix qui a suivi l'arrivée de Free.

Personne n'était joignable dans l'immédiat chez Altice pour un commentaire.

Altice a proposé à Bouygues de racheter sa filiale de télécoms pour un montant qui pourrait atteindre, selon des sources, 10 milliards d'euros en numéraire.   Suite...

 
Bouygues a annoncé mardi soir que son conseil d'administration avait décidé de ne pas donner suite à l'offre d'entrée en négociations du groupe Altice en vue d'un rachat de sa filiale télécoms, en raison notamment des risques d'exécution et des risques sociaux liés au projet. /Photo prise le 23 juin 2015/REUTERS/Philippe Wojazer