Orange va renforcer ses liens avec Israël

vendredi 12 juin 2015 12h40
 

JÉRUSALEM (Reuters) - Le PDG d'Orange, Stéphane Richard, a dit vendredi au Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que le groupe français allait renforcer ses liens avec Israël après la polémique liée à des déclarations sur ses accords avec un opérateur local.

Le gouvernement israélien a protesté après l'annonce, faite par Stéphane Richard au Caire la semaine dernière, de son intention de mettre un terme à un accord de licence avec Partner Communications, qui lui ont valu d'être accusé d'avoir cédé à des pressions en faveur d'un boycott des intérêts d'Israël.

Stéphane Richard a déclaré que ses propos avaient été sortis de leur contexte, ajoutant qu'Orange souhaite demeurer sur le marché israélien et qu'il n'avait pas l'intention de s'impliquer dans des dossiers politiques.

"J'ai été profondément et personnellement meurtri par cette mauvais interprétation et par la déformation de mes propos", a déclaré Stéphane Richard, visé par des attaques virulentes en Israël.

"Nous sommes fiers d'avoir autant de partenaires en Israël et nous allons poursuivre le développement de nos activités ici avec eux", a-t-il dit, évoquant les investissements réalisés par Orange dans plusieurs jeunes entreprises israéliennes.

La semaine dernière au Caire, Stéphane Richard avait dit vouloir être un "partenaire de confiance de tous les pays arabes" et ajouté que son groupe serait prêt à mettre un terme à l'accord avec Partner Communications dès "demain" s'il le pouvait mais que cette décision présenterait un "énorme risque financier".

Orange a par la suite expliqué que ces propos reflétaient simplement la volonté du groupe de n'être présent que dans les pays où il est directement opérateur. Mais ils ont été interprétés en Israël comme un soutien au boycott économique d'Israël et Benjamin Netanyahu a demandé la semaine dernière à Paris de "désavouer publiquement" Orange, détenu à 25% par l'Etat français.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, est intervenu dans le dossier en assurant que la France était fermement opposée au boycott d'Israël. Plusieurs organisations de défense des droits de l'homme ont demandé au gouvernement français de cesser toute relation économique avec les colonies israéliennes dans les territoires occupés, en mentionnant directement l'accord qui lie Orange et Partner Communications.

(Dan Williams, Nicolas Delame pour le service français, édité par Marc Angrand)

 
Le PDG d'Orange, Stéphane Richard (au centre), lors d'une visite dans les locaux d'Orange Fab Israel à Tel Aviv.  Stéphane Richard, a dit vendredi au Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, que le groupe français allait renforcer ses liens avec Israël après la polémique liée à des déclarations sur ses accords avec un opérateur local, /Photo prise le 11 juin 2015/REUTERS/Daniel Bar On/Orange