Booking renonce à l'essentiel des clauses dictées aux hôteliers

mardi 21 avril 2015 15h23
 

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - L'Autorité de la concurrence a obtenu de Booking.com qu'elle renonce à l'essentiel des clauses imposées aux hôteliers, ouvrant la voie à une concurrence accrue entre centrales de réservation en ligne et rendant au secteur une marge de manoeuvre commerciale et tarifaire.

Filiale de l'américain Priceline, Booking.com s'est engagé à renoncer à la "parité tarifaire", qui oblige les hôteliers à lui proposer les mêmes tarifs qu'à ses concurrents.

Les hôtels pourront ainsi proposer des tarifs différents à Booking et ses concurrents comme Expedia mais aussi directement à leurs clients à condition de ne pas le faire en ligne mais à la réception, par téléphone ou par mail.

Booking.com a aussi renoncé à la clause très décriée de "parité de disponibilité", qui oblige un hôtel à mettre le même nombre de chambres à disposition auprès de chaque centrale de réservation. Il a enfin accepté de laisser les hôteliers contacter directement des clients antérieurs, y compris ceux ayant réservé via Booking.

La part des centrales de réservation dans le chiffre d'affaires des hôteliers ne cesse de croître. En Europe, 70% des ventes de nuitées en ligne passent par elles, et le reste par les sites des hôtels.

Les centrales comptent pour 17% des revenus d'Accor, contre 11% chez InterContinental ou 7% chez Marriott et prélèvent des commissions oscillant en Europe entre 15% et 20% du prix d'une chambre.

Un des enjeux pour les hôteliers consiste à augmenter leurs ventes en direct ou via leur propre site internet, et à faire jouer la concurrence entre les centrales afin d'abaisser les commissions qui pèsent sur leurs marges.

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L'Autorité de la concurrence a obtenu de Booking.com qu'elle renonce à l'essentiel des clauses imposées aux hôteliers, ouvrant la voie à une concurrence accrue entre centrales de réservation en ligne et rendant au secteur une marge de manoeuvre commerciale et tarifaire. /Photo prisele 29 août 2014/REUTERS/Charles Platiau