5 mars 2015 / 08:19 / dans 3 ans

Perte nette pour Numericable-SFR en 2014, synergies confirmées

Patrick Drahi, président d'Altice, actionnaire majoritaire de Numericable-SFR. L'opérateur né en novembre dernier, numéro deux français des télécoms, a vu ses résultats reculer au titre de 2014, pénalisés par la guerre des prix sur le marché du mobile dans l'Hexagone. /Photo d'archives/REUTERS/Philippe Wojazer

PARIS (Reuters) - Numericable-SFR s‘est dit jeudi confiant dans sa capacité à atteindre son objectif de synergies à moyen terme après avoir enregistré une perte nette l‘an dernier sous le coup des charges financières liées à sa dette.

L‘opérateur né du mariage fin novembre du spécialiste du câble et du numéro deux français du mobile s‘est déjà attelé à son vaste programme de réorganisation de ses activités et de réduction des coûts avec le lancement de 15 projets ciblés allant de la réorganisation de son activité entreprise à la baisse de ses frais généraux.

“Il n‘y a aucun élément à ce stade qui vienne tempérer notre positivisme sur le fait de générer le niveau de synergies”, a déclaré à des journalistes le directeur financier de la nouvelle entité Thierry Lemaitre.

Le propriétaire de l‘opérateur, l‘entrepreneur Patrick Drahi, avait fixé pour objectif ambitieux des synergies de l‘ordre de 1,1 milliard d‘euros par an à l‘horizon 2017 au moment de l‘annonce de la fusion au printemps dernier.

“A ce stade, nous sommes très confortables avec ce chiffre”, a ajouté Thierry Lemaitre, précisant que le groupe aurait davantage de visibilité sur la question lors de la publication de ses résultats du premier trimestre.

Le groupe n‘a communiqué à ce stade aucune prévision pour 2015, précisant seulement que la progression soutenue des ventes d‘abonnements à la fibre constatée en fin d‘année dernière s‘était poursuivie sur les deux premiers mois de cette année.

La capacité du groupe à concrétiser rapidement son objectif de synergies et à renouer avec les bénéfices est d‘autant plus cruciale qu‘il doit faire face à des échéances de remboursement élevées après s‘être lourdement endetté pour racheter les parts de Vivendi dans SFR.

NO COMMENT SUR BOUYGUES TELECOM

En 2014, la société a enregistré une perte nette part du groupe de 175 millions d‘euros, à comparer à un bénéfice de 65 millions lors de l‘exercice précédent, sous le coup de la forte hausse de ses charges financières.

Ce chiffre inclut 12 mois d‘exercice pour Numericable mais un mois seulement pour SFR qui n‘a officiellement été marié à Numericable que le 27 novembre.

Sa maison mère Altice, contrôlée par Patrick Drahi, a elle aussi basculé dans le rouge en 2014, affichant une perte nette de 552 millions d‘euros, à comparer à un bénéfice proche de 50 millions lors de l‘exercice précédent. Sa dette nette consolidée a par ailleurs grimpé à 24 milliards d‘euros, donnant un ratio d‘endettement de 4,4.

Les autres éléments de la performance de Numericable-SFR, nouveau numéro deux français du fixe et du mobile derrière Orange, étaient déjà connus, la société ayant publié par anticipation le 17 février une estimation de ses résultats.

Selon les chiffres retraités des deux entités qui ont été virtuellement fusionnés sur l‘ensemble de 2014, le chiffre d‘affaires “proforma” du groupe a reculé de 5,0% à 11,44 milliards d‘euros tandis son Ebitda ajusté s‘est replié de 11% à 3,1 milliards, pénalisé par la baisse du revenu moyen par abonné mobile.

Dans ce périmètre, qui inclut aussi l‘opérateur mobile virtuel Virgin Mobile racheté l‘an dernier par Numericable, le parc de clients mobiles a diminué de 1,2% à 22,94 millions. Le nombre de clients fixes est lui resté quasiment stable à 6,58 millions, les ventes d‘abonnements à la fibre ayant compensé le recul de l‘ADSL.

A 16h15, l‘action avance de 4,57% à 59,05 euros, donnant une capitalisation boursière de 28,8 milliards d‘euros. Depuis le début de l‘année, elle grimpe de plus de 44%, profitant des spéculations du marché sur un rapprochement avec la filiale en difficulté de Bouygues, Bouygues Telecom, qui se traduirait par d‘importantes synergies.

Interrogé sur le sujet, les dirigeants de Numericable-SFR et d‘Altice n‘ont souhaité faire aucun commentaire. Le directeur général d‘Altice Dexter Goei a toutefois redit aux analystes que la société regarderait les opportunités sur les marchés où elle est présente.

Avec Leila Abboud, édité par Dominique Rodriguez

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