La CE précise ses griefs à Orange sur Jazztel

jeudi 26 février 2015 16h35
 

BRUXELLES/MADRID (Reuters) - La Commission européenne a averti Orange que son projet de rachat de l'opérateur espagnol Jazztel risquait de nuire à la concurrence, a-t-on appris de sources proches du dossier, une démarche qui pourrait conduire le groupe français à proposer des concessions afin d'obtenir le feu vert de Bruxelles.

L'exécutif européen, qui a ouvert en décembre une enquête approfondie sur le dossier, craint de voir le rachat de Jazztel par Orange, une opération de 3,4 milliards d'euros, nuire à la concurrence sur le marché de l'accès fixe à internet et des offres fixe-mobile en Espagne, avec à la clé un risque de hausse des prix.

Elle a donc adressé en début de semaine aux deux sociétés une "communication des griefs", ont dit trois sources proches du dossier, qui ont refusé de donner des précisions sur le contenu du document.

Orange avait fait des propositions pour tenter d'apaiser les inquiétudes des autorités de l'Union durant l'enquête initiale, sans parvenir à éviter l'ouverture d'une procédure approfondie.

La Commission doit rendre sa décision au plus tard le 30 avril.

Ricardo Cardoso, porte-parole de la Commission, s'est refusé à tout commentaire, tout comme Orange et Jazztel.

Les deux groupes croient pouvoir obtenir le feu vert de Bruxelles après des concessions mineures, ont dit les sources.

L'opération doit permettre à Orange de se renforcer en Espagne face à Vodafone, qui a racheté l'an dernier le câblo-opérateur local Ono.

Jazztel compte environ 1,5 million d'abonnés à haut débit.

(Marc Angrand pour le service français)

 
La Commission européenne a adressé à Orange un relevé des griefs qu'elle oppose à son projet de rachat de l'opérateur espagnol Jazztel, selon trois sources proches du dossier. L'exécutif européen craint de voir le rachat de Jazztel par le groupe français nuire à la concurrence sur le marché de l'accès fixe à internet et des offres fixe-mobile en Espagne. /Photo prise le 16 septembre 2014/REUTERS/Andrea Comas