Fusion entre fournisseurs de "paywalls" européen et américain

mardi 9 septembre 2014 12h11
 

PARIS (Reuters) - Piano Media, un éditeur européen de logiciels de monétisation à destination des médias, a annoncé le rachat de son plus grand concurrent américain Press Plus pour un montant non dévoilé, alors que la presse choisit de plus en plus de faire payer les internautes pour accéder à certains contenus.

Kelly Leach, actuelle membre de la direction du Wall Street Journal (groupe News Corp), prendra la tête du nouveau groupe en tant que directrice générale.

Son objectif est de multiplier par deux le chiffre d'affaires sur le prochain exercice annuel grâce au passage des publications européennes, asiatiques et latino-américaines au modèle "freemium", dans le sillage de celles de l'Amérique du Nord.

"Les éditeurs réalisent maintenant que la publicité en ligne ne peut pas être leur seule source de revenus donc le modèle 'freemium' devient de plus en plus important", a-t-elle déclaré lors d'une interview.

Le Wall Street Journal a été le premier, à la fin des années 1990, à proposer des contenus payants en marge d'une offre gratuite. Le Financial Times lui a emboité le pas en 2001 et le New York Times en 2008 avec l'introduction d'un "mur payant au compteur".

Ce "metered paywall" permet à l'internaute de consulter gratuitement un petit nombre d'articles avant de lui proposer de s'abonner et de bloquer la lecture des contenus réservés aux abonnés.

Ces dernières années, des journaux et magazines américains de taille plus modeste ont également adopté le modèle d'une offre gratuite cohabitant avec une offre payante, avec l'objectif d'augmenter leur chiffre d'affaires dans le contexte de baisse des recettes publicitaires.

Les analystes estiment qu'environ la moitié des quotidiens américains sont passés sur internet au modèle "freemium", contraction de "free" et "premium", avec une offre réservée aux abonnés et des contenus gratuits.

Entre 2003 et 2013, la part d'internet dans la publicité mondiale a grimpé de 17%. Dans le même temps, la part de marché des quotidiens a chuté de 14 points et celle des magazines de cinq points, selon le cabinet d'études Zenith Optimedia.   Suite...