Telecom Italia dos au mur après son échec sur GVT

vendredi 29 août 2014 23h23
 

par Leila Abboud et Pamela Barbaglia et Stephen Jewkes

PARIS/LONDRES/MILAN (Reuters) - Telecom Italia a raté une occasion en or en laissant échapper le brésilien GVT, que Vivendi va vendre à Telefonica, et le groupe italien pourrait bien passer du statut de prédateur à celui de proie dans un secteur dont la consolidation se poursuit.

Le groupe italien ne pouvait pas se permettre financièrement de surenchérir sur Telefonica, qui offre 7,45 milliards d'euros pour la filiale brésilienne de Vivendi.

Sa dette atteint en effet déjà 32 milliards d'euros selon Moody's et le groupe est noté depuis l'an dernier en catégorie spéculative ("junk").

Un rachat de GVT lui aurait pourtant permis de compenser sa principale faiblesse au Brésil, à savoir le fait que sa filiale mobile ne dispose pas d'un réseau à haut débit, contrairement à ses principaux concurrents.

Marco Patuano, l'administrateur délégué de Telecom Italia, pourrait désormais devoir étudier sérieusement l'hypothèse d'une sortie du marché brésilien, duquel le groupe tire un tiers de son chiffre d'affaires, ce qui lui permettrait de réduire sa dette mais accroîtrait sa dépendance au marché italien, mal au point actuellement.

Sept banquiers et investisseurs interrogés vendredi par Reuters ont estimé que Telecom Italia manquait d'une stratégie claire et qu'il aurait du mal à convaincre ses actionnaires de lui apporter des capitaux frais pour financer des investissements dans la modernisation de ses réseaux.

Marco Patuano "a vendu avec force (le dossier GVT) comme la réponse aux problèmes de Telecom Italia et maintenant, il doit revenir devant la communauté financière pour expliquer ce qui va se passer ensuite", explique un banquier milanais.

"Il n'y aura pas d'augmentation de capital, tout simplement parce qu'il faudra du temps à la société pour se remettre de ce revers et élaborer une nouvelle stratégie; on ne peut pas réclamer des capitaux frais sans stratégie claire."   Suite...

 
Telecom Italia a raté une occasion en or en laissant échapper le brésilien GVT, que Vivendi va vendre à Telefonica, et le groupe italien pourrait bien passer du statut de prédateur à celui de proie dans un secteur dont la consolidation se poursuit. /Photo prise le 28 août 2014/REUTERS/Max Rossi