6 août 2014 / 05:28 / il y a 3 ans

Sprint renonce à acheter T-Mobile US, Iliad reste en lice

SAN FRANCISCO (Reuters) - Sprint, le troisième opérateur mobile américain, a renoncé à son offre sur T-Mobile US, le numéro quatre, estimant qu‘il sera trop difficile d‘obtenir l‘aval des autorités de régulation, a-t-on appris de plusieurs sources au fait du dossier.

Sprint renonce à son offre sur T-Mobile US. Le troisième opérateur mobile américain estime qu'il sera trop difficile d'obtenir l'aval des autorités de régulation. /Photo d'archives/REUTERS/Rick Wilking

Cette décision pourrait donner de nouveaux arguments au français Iliad, maison mère de l‘opérateur Free Mobile, qui a soumis à T-Mobile US une offre financièrement moins généreuse que celle de Sprint mais qui discute avec des acteurs américains du marché du câble et du satellite dans le but d‘améliorer ses propositions.

Elle constitue quoi qu‘il en soit un revers pour le groupe japonais SoftBank, qui a acquis l‘an dernier 80% de Sprint pour quelque 20 milliards de dollars et dont le fondateur, le milliardaire Masayoshi Son, considérait le rachat de T-Mobile US comme un élément clé de sa stratégie face aux leaders du marché américain, AT&T et Verizon Communications.

Sprint et T-Mobile n‘excluent pas un rapprochement ultérieur mais ils ont conclu que dans le contexte actuel, une telle opération ne serait probablement pas autorisée par les autorités américaines de la concurrence, ont expliqué les sources.

Washington entend en effet maintenir à quatre le nombre de grands opérateurs mobiles sur le marché américain.

“Nous n‘imaginions pas que l‘opposition serait aussi forte”, a déclaré un dirigeant de SoftBank, avant d‘ajouter: “Le contexte va changer, c‘est certain.”

Sprint, qui travaillait à un accord avec Deutsche Telekom, l‘actionnaire majoritaire de T-Mobile, a nommé mercredi Marcelo Claure comme nouveau directeur général en remplacement de Dan Hesse, en poste depuis 2007.

Marcelo Claure, 43 ans, fondateur du distributeur de téléphones mobiles Brightstar Corp, était entré en janvier au conseil d‘administration de Sprint. Brightstar a été racheté en 2013 par Softbank.

Des représentants de Sprint et de SoftBank ont refusé de répondre à des demandes de commentaires. T-Mobile n‘a pas répondu dans l‘immédiat.

SPRINT ET T-MOBILE CHUTENT EN AVANT-BOURSE

Dans les transactions en avant Bourse sur les marchés américains, Sprint chutait de 20,3% et T-Mobile US de près de 9%. A Tokyo, le titre SoftBank a cédé 3,5% mercredi et en Europe, Deutsche Telekom abandonnait 2,7% à la mi-journée.

“La nouvelle est un énorme choc pour nous”, a déclaré une source proche de la direction de Deutsche Telekom. “C‘est le pire des scénarios auxquels nous pouvions penser. La société va maintenant devoir étudier l‘offre d‘Iliad et elle pourrait même devoir envisager de rester plus longtemps sur le marché américain.”

A Paris, l‘action Iliad cédait 3,33% à la mi-séance.

“La nécessité pour Iliad d‘améliorer son offre semble avoir diminué, tout comme la pression en terme de calendrier”, a commenté Hannes Wittig, analyste de JPMorgan, dans une note aux clients de la banque.

L‘offre de Sprint sur T-Mobile US avait été dévoilée en juin après des mois de négociations avec Deutsche Telekom.

Mais ni la Commission fédérale des communications (FCC) ni le département américain de la Justice ne voyaient une telle perspective d‘un bon oeil, estimant que le consommateur aurait sans doute tout à perdre en n‘ayant le choix qu‘entre trois opérateurs.

Sprint avait convenu de payer 40 dollars par action, selon les termes de l‘accord élaboré avec Deutsche Telekom. Par contraste, Iliad a jusqu‘ici offert 33 dollars par action pour une part de 56,6% dans T-Mobile.

Mais le groupe français a approché plusieurs partenaires aux Etats-Unis pour améliorer son offre. Parmi ces partenaires figurent Dish Networks, Cox Communications et Charter Communications.

“Tant que l‘offre de Sprint était sur la table, le pouvoir de négociation était du côté de Deutsche Telekom. Maintenant, il est du côté d‘Iliad”, a estimé Roger Entner, analyste à Recon Analytics, un cabinet de Boston.

avec Liana B. Baker à New York, Teppei Kasai à Tokyo, Harro ten Wolde et Peter Maushagen à Francfort, Supantha Mukherjee à Bangalore,; Jean-Stéphane Brosse et Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison

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