5 août 2014 / 06:03 / il y a 3 ans

Telefonica propose 6,7 milliards d'euros à Vivendi pour GVT

Telefonica, qui veut renforcer sa présence en Amérique latine, a soumis à Vivendi une offre de 6,7 milliards d'euros pour Global Village Telecom (GVT), filiale brésilienne du groupe français. /Photo d'archives/Albert Gea

MADRID/PARIS (Reuters) - Telefonica a soumis à Vivendi une offre de 6,7 milliards d'euros pour le rachat de GVT, filiale du géant français du divertissement au Brésil, l'opérateur télécoms espagnol cherchant à renforcer son leadership sur un marché brésilien de la téléphonie mobile en forte croissance.

Dans un avis boursier publié mardi, Telefonica précise que la proposition faite à Vivendi consiste en une partie numéraire de 11,96 milliards de reais (3,95 milliard d'euros environ) et une partie en actions représentant 12% de Telefonica Brasil.

Telefonica ajoute que son offre, financée par une augmentation de capital, expire le 3 septembre. Le Brésil est un marché crucial pour Telefonica, le pays étant sa deuxième source de trésorerie.

Vivendi, qui avait renoncé l'an dernier à vendre GVT faute d'en avoir obtenu un prix suffisant, a dit que son conseil de surveillance allait étudier l'offre de Telefonica. La société a toutefois précisé qu'aucune de ses filiales n'était à vendre.

"Le conseil de surveillance de Vivendi, lors de sa prochaine réunion, étudiera l'offre de Telefonica dans l'intérêt de ses actionnaires et des salariés de GVT, et décidera des suites à y donner", précise le groupe dans un communiqué.

Engagé depuis l'an dernier dans une stratégie de recentrage sur les médias, Vivendi a pourtant indiqué fin juin vouloir conserver le "Free brésilien" GVT, son dernier actif dans les télécoms.

A la Bourse de Paris, l'action Vivendi a terminé en hausse de 3,62% à 19,59 euros. A Madrid, le titre Telefonica a perdu 1,71% à 11,79 euros.

"C'est une bonne nouvelle, même si la prime n'est pas énorme", relève un vendeur actions à Paris.

VERS DES CONTRE-OFFRES ?

"Le vocabulaire utilisé par Vivendi suggère que le groupe est disposé à vendre mais qu'il attend des contre-offres", soulignent les analystes de Liberum dans un mémo. "GVT est un actif attractif avec un réseau modernisé et une part de marché de 13% sur le haut débit au Brésil."

Dans le cadre d'une transaction sur GVT, Telefonica ajoute qu'il pourrait proposer à Vivendi l'opportunité d'acquérir une participation de 8,3% dans Telecom Italia.

Depuis des mois, Telefonica est pressé par la Cade, l'autorité brésilienne de la concurrence, de réduire sa participation dans Telecom Italia, dont la filiale brésilienne est en concurrence directe avec Vivo, numéro un de la téléphonie mobile au Brésil et propriété de l'opérateur espagnol.

Pour la Cade, le fait pour Telefonica d'être propriétaire de Vivo et d'être dans le même temps le premier actionnaire de Telecom Italia, lui-même propriétaire du numéro deux de la téléphonie mobile au Brésil, est une source de conflit d'intérêts.

Le ministre des Communications brésilien Paulo Bernardo a dit pour sa part à des journalistes que l'acquisition éventuelle de GVT par Telefonica ne présenterait pas de problème du point de vue du droit de la concurrence.

Il a cependant ajouté que Telefonica risquait de ne pouvoir contrôler les opérations de GVT dans l'Etat de São Paulo où l'opérateur espagnol fournit déjà des services de téléphonie fixe et mobile et de télévision payante entre autres.

Une source proche de Vivendi a indiqué que l'offre de Telefonica représentait "un bon prix pour une première offre", prenant bien soin de préciser qu'il ne connaissait pas les intentions de Vincent Bolloré, le président du conseil de surveillance du groupe français.

Cette source a ajouté qu'il n'était pas exclu de voir Telecom Italia prendre le train en marche.

La perspective des enchères pour les fréquences 4G au Brésil a d'ailleurs alimenté ces derniers mois les rumeurs de rapprochement entre opérateurs.

En début d'année, Telecom Italia avait démenti des informations de presse évoquant des discussions en vue d'un rapprochement entre sa filiale brésilienne TIM Participacoes et GVT.

Le groupe italien n'a toutefois pas exclu le mois dernier une fusion de sa filiale au Brésil avec un autre acteur local.

A Milan, l'action Telecom Italia a cédé 4,62% à 0,825 euro.

Avec Alexandre Boksenbaum-Granier, Wilfrid Exbrayat et Leila Abboud à Paris

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