La faillite de Gowex jette un froid sur la Bourse espagnole

lundi 7 juillet 2014 17h12
 

par Julien Toyer

MADRID (Reuters) - La faillite du fournisseur espagnol d'accès à internet en wifi Gowex risque de mettre à mal la confiance des investisseurs dans le marché boursier espagnol au moment où les capitaux étrangers commencent à revenir après cinq années de crise économique.

Gowex, coté sur le Mercado Alternativo Bursatil (MAB), le marché alternatif de la Bourse de Madrid, a annoncé dimanche son dépôt de bilan et son PDG et fondateur Jenaro Garcia Martin a démissionné après avoir admis qu'il avait fait état de comptes falsifiés depuis au moins quatre ans.

Cette faillite soulève des questions non seulement sur la qualité de la supervision boursière en Espagne mais aussi sur la santé d'autres sociétés qui, faute d'accès à des financements bancaires pendant la crise, ont choisi de lever des fonds en se faisant coter sur le MAB.

"Il y a beaucoup de doutes et un manque de confiance", dit Nuria Alvarez, analyste chez le courtier Renta 4, pour qui cette affaire risque de faire du tort à la réputation de la place.

Le MAB dépend tout à la fois de l'opérateur de la Bourse de Madrid, Bolsas y Mercados Espanoles (BME), et de la commission des opérations de Bourse, la Comision Nacional del Mercado de Valores (CNMV).

Lundi matin, quatre sociétés cotées sur le MAB - Ibercom, Ebioss, Carbures et Eurona - ont demandé leur transfert sur le marché principal alors que l'affaire Gowex faisait chuter leurs titres par ricochet.

L'opérateur boursier BME a lui-même accusé le coup, affichant en fin de journée un recul de 2,71% - la plus forte baisse de l'indice Ibex des valeurs vedettes espagnoles.

"C'est triste parce que beaucoup de petits actionnaires ont perdu de l'argent et certains vont parler d'une affaire Madoff à l'espagnole", déclare Zaryn Dentzel, cofondateur américain du service social Tuenti qui a été racheté par Telefonica en 2010.   Suite...

 
La faillite du fournisseur espagnol d'accès à internet en wifi Gowex risque de mettre à mal la confiance des investisseurs dans le marché boursier espagnol au moment où les capitaux étrangers commencent à revenir après cinq années de crise économique. /Photo prise le 7 juillet 2014/REUTERS/Andrea Comas