7 juillet 2014 / 14:03 / il y a 3 ans

Samsung devrait avoir encore marqué le pas au 2e trimestre

Le numéro un mondial des smartphones Samsung Electronics devrait faire état mardi d'une baisse de ses bénéfices pour le troisième trimestre consécutif, alors que les modèles meilleur marché gagnent du terrain et qu'Apple prépare le lancement de son iPhone 6. Les analystes attendent en moyenne une chute de 12,6% du bénéfice du géant sud-coréen. /Photo prise le 24 février 2014/Gustau Nacarino

SÉOUL (Reuters) - Le numéro un mondial des smartphones Samsung Electronics devrait faire état mardi d'une baisse de ses bénéfices pour le troisième trimestre consécutif, qui pourrait en annoncer un quatrième alors que les modèles meilleur marché gagnent du terrain et qu'Apple prépare le lancement de son iPhone 6.

Les analystes attendent en moyenne une chute de 12,6% du bénéfice du géant sud-coréen au titre du deuxième trimestre, selon le consensus Thomson Reuters I/B/E/S.

Les difficultés de Samsung, exacerbées par l'appréciation du won face au dollar, interviennent à un moment délicat pour le groupe d'électronique grand public, chez qui la question de l'avenir se pose avec de plus en plus d'acuité.

Le patriarche de la galaxie Samsung, Lee Kun-hee, âgé de 72 ans, est hospitalisé depuis mai à la suite d'une crise cardiaque et l'incident semble l'avoir convaincu de passer la main à son fils et dauphin officieux Jay Y. Lee et à ses deux filles, sans que cela soit encore bien défini.

"L'âge d'or de Samsung est terminé. La croissance de ses bénéfices a été anormalement élevée ces trois ou quatre dernières années et voici venu le temps de la normalisation", commente Chang Sea-Jin, professeur au Korea Advanced Institute of Science and Technology.

Les analystes estiment que le nouveau combiné Galaxy S5 se vend bien mais pas assez pour compenser la faiblesse des ventes d'appareils d'entrée et de milieu de gamme. Le prochain lancement majeur sera celui du Galaxy Note 4 plus tard cette année mais, selon les analystes, il ne devrait pas changer la donne.

Parallèlement sa percée dans le secteur des objets connectés, comme la montre intelligente Gear, reste à un stade précoce et il subit déjà la concurrence féroce d'Apple et d'autres.

Dans ce contexte, les marges de Samsung sont soumises à rude épreuve, sans que le groupe ne dispose pas dans l'immédiat d'un moteur de croissance.

"L'héritier présomptif de Samsung n'a pas de baguette magique. Ce n'est pas quelque chose que l'on peut régler en un an ou deux", souligne Chang Sea-Jin.

Samsung a d'ores et déjà annoncé une hausse de son dividende pour soigner ses actionnaires et son cours de Bourse, qui a déjà perdu environ 5% cette année.

Certains analystes estiment que le groupe pourrait procéder à un rachat d'actions, préparant le terrain à une restructuration de la holding en vue de la succession.

"Evidemment, verser des dividendes est mieux que rien mais je m'interroge sur le mérite à attribuer au versement de dividendes alors que les techs sont censées être des valeurs de croissance", déclare Um Joon-ho, gérant chez Kiwoom Asset Management.

PART DE MARCHÉ EN BAISSE

La très lucrative division téléphonie mobile de Samsung souffre du ralentissement de la croissance du marché des smartphones et de la concurrence des fabricants chinois comme Huawei Technologies et Lenovo Group, qui ont amélioré la qualité de leurs produits.

Le cabinet d'études IDC prévoit que la croissance des ventes mondiales de smartphones ralentisse à 19,3% cette année, contre 39,2% en 2013, tandis que les prix moyens sont également attendus en baisse.

La part de marché de Samsung est tombée à 30,2% au premier trimestre, contre 31,9% un an plus tôt, selon IDC. Huawei et Lenovo ont eux gagné du terrain.

"Si Samsung baisse les prix de ses appareils d'entrée et de milieu de gamme, cela pénalisera leurs bénéfices à court terme mais les concurrents devront alors également casser leurs prix et pourraient ne pas être en mesure de devenir bénéficiaires", observe Lee Seung-woo, analyste des IBK Securities.

Trente-huit analystes interrogés par Thomson Reuters I/B/E/S prévoient en moyenne un bénéfice d'exploitation de 8.300 milliards de wons (6 milliards d'euros) pour le deuxième trimestre, contre 9.500 milliards un an plus tôt, ce qui marquerait un plus bas depuis le troisième trimestre 2012.

Le chiffre d'affaires est attendu en baisse annuelle de 6% à 54.000 milliards de wons, ce qui serait son premier recul depuis l'adoption des normes comptables IFRS en 2009.

Pour l'ensemble de l'année, le consensus donne une baisse de 7% du bénéfice opérationnel à 34.200 milliards de wons. Si ces prévisions se réalisent, ce serait le premier recul en trois ans.

Mathilde Gardin pour le service français, édité par Véronique Tison

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