La NSA aurait espionné bon nombre d'internautes ordinaires

dimanche 6 juillet 2014 11h27
 

WASHINGTON (Reuters) - En étudiant une vaste quantité de communications interceptées par la NSA (National Security Agency), le Washington Post a découvert qu'elles concernaient très majoritairement des internautes ordinaires, Américains compris, au lieu de ressortissants étrangers surveillés avec l'accord de la justice.

Le journal a examiné environ 160.000 courriels et conversations instantanées ainsi que 7.900 documents extraits de plus de 11.000 comptes en ligne collectés par l'agence de renseignement américaine entre 2009 et 2012.

"Neuf détenteurs de compte sur dix trouvés dans un vaste cache de conversations interceptées, que l'ancien technicien de la NSA Edward Snowden a fournies au Post dans son intégralité, n'étaient pas les cibles désignées mais ont été pris dans le filet que l'agence avait tendu pour quelqu'un d'autre."

Près de la moitié des dossiers, écrit le journal, "contenaient des noms, des adresses email et d'autres détails notés par la NSA comme appartenant à des citoyens américains".

Les documents contenaient également des découvertes, assure le quotidien. Parmi les exemples cités, "de nouvelles révélations sur un projet nucléaire secret outre-mer, le double jeu d'un prétendu allié, une catastrophe militaire qui est arrivée à une puissance inamicale et les identités d'intrus agressifs sur des réseaux informatiques américains".

Ces interceptions ont permis la capture de plusieurs terroristes présumés, comme Umar Patek, l'un des suspects des attentats de Bali en 2002.

Mais d'autres dossiers ont été conservés alors qu'ils ne présentaient pas d'utilité aux dires mêmes des analystes de la NSA, et traitaient de sujets intimes comme l'amour, les relations sexuelles illicites, les conversions politiques ou religieuses ou les problèmes financiers.

(Mohammad Zargham; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

 
En étudiant une vaste quantité de communications interceptées par la NSA (National Security Agency), le Washington Post a découvert qu'elles concernaient très majoritairement des internautes ordinaires, Américains compris, au lieu de ressortissants étrangers surveillés avec l'accord de la justice.  /Photo d'archvies/REUTERS/Kacper Pempel