Nouvelle loi russe sur les sites renfermant des données privées

vendredi 4 juillet 2014 22h26
 

MOSCOU (Reuters) - Le Parlement russe a adopté vendredi une loi controversée qui va contraindre les sites internet contenant des données personnelles de citoyens russes à utiliser des serveurs basés en Russie.

Le Kremlin a défendu ce texte de loi au nom de la protection des données; ses détracteurs y voient une attaque contre les réseaux sociaux comme Facebook et leur capacité de mobilisation utilisée notamment lors du mouvement de contestation de 2012 contre Vladimir Poutine.

A partir de 2016, toutes les entreprises internet devront avoir transféré les données personnelles de citoyens russes sur des serveurs basés en Russie. A défaut, l'accès à leurs sites sera bloqué.

Interrogé par Reuters, le blogueur et spécialiste d'internet Anton Nossik voit dans cette nouvelle loi "un nouveau prétexte pour fermer Facebook, Twitter, YouTube et tous les autres services".

"Le but ultime est de mettre en oeuvre une censure dans tout le pays et faire en sorte que les entreprises internet ne puissent plus exister et fonctionner normalement", a-t-il ajouté.

Les blogs attirant plus de 3.000 visites par jour doivent déjà s'enregistrer auprès de l'autorité de régulation des télécommunications, la Roskomnadzor. Un autre décret autorise la fermeture d'un site diffusant des contenus extrémistes ou menaçant l'ordre public sans passer par une décision de justice.

Les adversaires du nouveau cadre juridique régulant internet voient dans les fermetures des sites des opposants Alexeï Navalni et Garry Kasparov, bloqués en mars, la preuve de leur analyse.

Les autorités ont justifié pour leur part la sanction ayant frappé Navalni et Kasparov par le fait que leurs sites "contenaient des appels à des activités illégales et à la participation à des rassemblements de masse en violation de l'ordre établi".

(Alexei Anishchuk; Henri-Pierre André pour le service français)

 
Le Parlement russe a adopté vendredi une loi controversée qui va contraindre les sites internet contenant des données personnelles de citoyens russes à utiliser des serveurs basés en Russie. Le texte est perçu par ses détracteurs comme une attaque contre les réseaux sociaux. /Photo d'archives/REUTERS/Wolfgang Rattay