2 juillet 2014 / 15:43 / dans 3 ans

La voiture connectée concentre l'intérêt du marché sur les techs

Présentation de la nouvelle interface Android Auto lors de la conférence annuelle des développeurs de Google, le mois dernier. Selon des analystes et des gérants, les groupes technologiques et de télécoms pourraient être les grands vainqueurs de la révolution de la voiture connectée, un marché évalué à 50 milliards de dollars (37 milliards d'euros) au cours de la prochaine décennie qui pourrait inciter les investisseurs à délaisser les constructeurs classiques. /Photo prise le 25 juin 2014/REUTERS/Elijah Nouvelage

PARIS (Reuters) - Les groupes technologiques et de télécoms pourraient être les grands vainqueurs de la révolution de la voiture connectée, un marché évalué à 50 milliards de dollars (37 milliards d‘euros) au cours de la prochaine décennie qui pourrait inciter les investisseurs à délaisser les constructeurs classiques.

Des fabricants de semi-conducteurs comme Infineon ou des géants technologiques comme Google sont très impliqués dans les voitures “intelligentes”, capables de se déplacer sans conducteur ou d‘utiliser des applications de son téléphone mobile à partir du tableau de bord.

Des constructeurs automobiles comme Nissan Motor, Audi (groupe Volkswagen) ou encore Toyota développent également leurs propres véhicules sans conducteur, associés à des groupes technologiques.

Toutefois, ce sont les sociétés technologiques - aussi bien des poids lourds américains que des start-up européennes - qui devraient le plus bénéficier de ce créneau porteur, estiment des analystes et des gérants.

“C‘est tout un nouveau marché qui émerge”, observe Christian Jimenez, président de Diamant Bleu Gestion.

“La meilleure façon de jouer ce thème sur le long terme pour un investisseur, c‘est d‘acheter du Microsoft ou encore des fabricants de semi-conducteurs comme Infineon, et pas du Peugeot ou du Renault”.

Si ce marché atteignait 50 milliards de dollars comme prévu par le courtier Exane BNP Paribas, il représenterait environ la moitié du chiffre d‘affaires annuel dégagé l‘an dernier par le groupe allemand BMW.

Google est déjà très avancé en ce domaine, même s‘il faudra attendre encore plusieurs années avant de voir des voitures sans conducteurs sur nos routes. Le géant américain a prévu de commercialiser avant la fin de l‘année des voitures équipées de son logiciel Android Auto, qui permettra notamment aux automobilistes d‘utiliser des services de navigation et d‘envoyer des messages sans lâcher le volant.

Apple est également dans la course avec son nouveau système CarPlay, qui intègre les fonctionnalités de l‘iPhone et permet d‘utiliser les applications directement à partir du tableau de bord, qu‘il s‘agisse de guidage GPS, de musique, de messagerie où de simples appels téléphoniques.

DES EUROPÉENS ÉGALEMENT PRÉSENTS

Seulement 10% environ des véhicules sont dotés de “systèmes connectés” aujourd‘hui, un chiffre qui devrait passer à plus de 90% d‘ici 2020, selon le groupe britannique de consultants Machina Research.

“Ce n‘est plus un rêve, c‘est une course de vitesse sur cinq ans qui permet de gagner - ou de perdre - beaucoup d‘argent”, observe dans une étude Stuart Pearson, analyste chez Exane BNP, qui table sur une croissance de 30% par an du marché de la voiture intelligente d‘ici 2020.

Mais, les investisseurs s‘intéressent également à des pépites concentrées sur des niches technologiques.

Akka Technologies, un groupe français qui a développé un prototype de voiture électrique sans conducteur, a vu le cours de son action quasiment multiplié par six depuis 2009.

“La voiture autonome ce n‘est pas de la science fiction, c‘est réel et ça se passe maintenant! La technologie est prête, maintenant c‘est juste une question de réglementation”, souligne Philippe Obry, directeur Recherche & Développement chez Akka.

“L‘idée n‘est pas de moderniser les voitures existantes avec de nouvelles technologies mais de repenser totalement le secteur. A la base, nous ne sommes pas des constructeurs automobiles donc il est plus facile pour nous de sortir du cadre”.

De son coté, l‘action Blue Solutions, une société du groupe Bolloré spécialisée dans les batteries Lithium Métal Polymère (LMP), qui équipent entre autres le réseau d‘autopartage parisien Autolib’, a progressé de 130% depuis son introduction en Bourse en octobre dernier, qui avait été souscrite plus de 15 fois.

L‘irruption de la voiture connectée pourrait être également décisive pour de grands groupes technologiques européens comme Nokia ou TomTom, estime Stuart Pearson d‘Exane.

“Les deux groupes forment un duopole dans les systèmes de navigation embarqués. Si ces systèmes intégrés continuent d‘être prédominants à plus long terme, notre ‘fair value’ (valeur intrinsèque) pourrait augmenter de 32% pour TomTom et de 13% pour Nokia.”

PROFIT EN HAUSSE POUR LES FABRICANTS DE SEMI-CONDUCTEURS

Les fabricants de semi-conducteurs comme l‘allemand Infineon et l‘américain Texas Instruments devraient également figurer parmi les grands gagnants de la voiture sans conducteur tandis que les opérateurs télécoms devraient bénéficier de l‘explosion des volumes de données échangés.

En avril dernier, Infineon - dont les puces permettent de déclencher des airbags ou de contrôler des régulateurs de vitesse - a relevé ses prévisions annuelles ainsi que le montant de son dividende en raison de la forte croissance des activités liées à l‘automobile.

Qualcomm et Intel rivalisent de leur coté pour proposer des puces connectant les véhicules à internet et des microprocesseurs utilisés dans des systèmes de navigation de plus en plus complexes et des équipements pour le divertissement des passagers.

Fondé sur des technologies 3G développées par Qualcomm ou les systèmes Bluetooth et Wifi de Broadcom, tout système embarqué utilise également des composants d‘amplification, de connexion ou de filtrage, comme ceux de RF Micro Devices ou de Skyworks Solutions. Les cours de ces deux groupes américains ont progressé respectivement de 91% et 68% depuis le début de l‘année.

Bosch, STMicroelectronics et la société californienne InvenSense fournissent également des composants utilisés pour l‘assistance à la conduite et des systèmes de sécurité qui rendent également les voitures de plus en plus autonomes.

Avec la contribution de Noel Randewich à San Francisco, Jean-Michel Bélot pour la version française, édité par Marc Angrand

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