Atos veut créer un géant du "cloud" en rachetant Bull

lundi 26 mai 2014 13h18
 

par Jean-Michel Belot et Gwénaëlle Barzic

PARIS (Reuters) - Le groupe de services informatiques Atos a dévoilé lundi une offre de 620 millions d'euros sur son concurrent français Bull avec l'ambition de créer le numéro un européen du stockage de données à distance ("cloud").

Atos va déposer une offre en numéraire à 4,90 euros par action, soit une prime de 30% par rapport à la moyenne du cours de Bull sur les trois derniers mois, en vue de mettre la main sur le champion européen des "supercalculateurs", ces ordinateurs hyperpuissants en matière de calcul.

Le rachat de Bull par Atos marquerait l'épilogue d'une saga tumultueuse commencée en 1930, qui a vu la pépite française rivaliser avec le géant américain IBM dans les années 1960 avant de céder du terrain puis frôler le dépôt de bilan dans les années 2000.

Bull deviendrait une division d'Atos où seraient regroupées toutes les activités de traitement des données en masse ("big data") et cybersécurité, et qui serait dirigée par Philippe Vannier, PDG du groupe Bull. Atos, qui a pour concurrents le français Capgemini et l'américain Accenture, espère ainsi renforcer ses offres pour faire face à une demande sans cesse croissante en puissance de calcul et à des besoins en hébergement de données qui doublent dans le monde tous les 18 mois.

"A nous deux, nous allons être d'assez loin le premier acteur européen en matière de cloud. C'est important parce que les positions sont à prendre aujourd'hui", a déclaré lors d'une conférence de presse le PDG d'Atos Thierry Breton, ancien ministre de l'Economie et des Finances et co-auteur d'un rapport récent sur les perspectives du cloud dans le cadre des 34 plans de la Nouvelle France industrielle promus par le gouvernement.

La nouvelle entité Atos-Bull, dont le chiffre d'affaires devrait avoisiner les 10 milliards d'euros, deviendrait la première société européenne sur le segment du cloud, selon une présentation fournie par Atos. Elle se classerait à la deuxième place dans l'ouest de l'Europe derrière l'américain Amazon mais devant l'autre américain Microsoft.

Atos espère notamment tirer parti de l'expertise technologique développée par Bull dans les domaines de la sécurité et de la cryptographie pour doper ses offres dans le cloud, un segment qui recèle un potentiel de croissance de 25 à 50% sur la période 2014-2016 selon Atos, mais rencontre encore des freins auprès des professionnels, soucieux d'une sécurité qu'ils jugent insuffisante.

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La société de services informatiques Atos a dévoilé un projet d'offre publique d'achat de 620 millions d'euros sur le groupe informatique français Bull afin de créer le numéro un européen du stockage de données à distance ("cloud"). /Photo d'archives/REUTERS/Lisi Niesner