La France ne veut pas d'accord a minima avec Google

jeudi 15 mai 2014 19h25
 

PARIS (Reuters) - La France n'acceptera pas un "accord a minima" avec Google à l'échelle européenne et souhaite que Bruxelles "relâche la pression" sur les opérateurs téléphoniques afin qu'ils s'affranchissent de leur statut de "Lilliputiens" face au "Gulliver" de l'Internet, a déclaré jeudi Arnaud Montebourg.

Invité d"'Open Internet Project", un collectif d'acteurs du numérique français et allemands qui luttent contre le géant américain de l'internet, le ministre français de l'Economie a réaffirmé la nécessité d'un cadre de régulation européen garantissant une concurrence équitable.

"Nous allons dans les mois qui viennent mettre (le sujet) sur la table des discussions européennes", a-t-il déclaré, s'élevant contre toute forme de monopole.

"L'Europe doit y mettre fin en éditant une loi commune", a-t-il poursuivi, précisant par ailleurs que "la France (...) n'accepterait pas un accord a minima avec Google."

L'Union européenne a lancé une enquête en novembre 2010 à la suite de plaintes d'une dizaine d'entreprises européennes qui accusent le géant de l'Internet de favoriser ses propres services à leurs dépens, via son moteur de recherche.

Google a proposé en février de nouvelles concessions accueillies favorablement par la Commission, avec l'espoir de ne pas avoir à s'acquitter d'une amende qui pourrait aller jusqu'à cinq milliards de dollars (3,64 milliards d'euros).

L'Open Internet Project accuse toutefois Google de s'être rendu coupable de "nouveaux faits anticoncurrentiels (...) qui attestent de ses abus de position dominante" et a déposé une nouvelle plainte devant la Commission.

"L'OIP considère que le troisième paquet de propositions avancé par Google est insuffisant et qu'il renforcerait encore davantage sa position dominante", dit un communiqué sur son site internet (www.openinternetproject.net).

Jugeant les instances européennes "excessivement timides" sur ce chapitre, Arnaud Montebourg a exhorté la Commission à "relâcher la pression" sur les opérateurs des télécoms.   Suite...

 
Selon Arnaud Montebourg, la France n'acceptera pas un "accord a minima" avec Google à l'échelle européenne et souhaite que Bruxelles "relâche la pression" sur les opérateurs téléphoniques afin qu'ils s'affranchissent de leur statut de "Lilliputiens" face au "Gulliver" de l'Internet. /Photo d'archives/REUTERS/Mark Blinch