L'interdiction de Twitter levée en Turquie

jeudi 3 avril 2014 18h40
 

ISTANBUL (Reuters) - Les autorités turques ont levé jeudi l'interdiction qui était en vigueur depuis deux semaines contre Twitter, à la suite d'un arrêt de la Cour constitutionnelle estimant que le blocage de ce réseau social était une atteinte à la liberté d'expression, a annoncé un membre du cabinet du Premier ministre.

L'accès à Twitter avait été bloqué le 21 mars, en pleine campagne pour les élections municipales du 30 mars, à la suite de la diffusion sur ce réseau social d'enregistrements audios censés mettre au jour un scandale de corruption dans l'entourage du Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan. Après ces mises en ligne, le chef du gouvernement avait dit alors vouloir "éradiquer" Twitter.

Le journal officiel turc avait publié jeudi matin l'arrêt rendu mercredi par la Cour constitutionnelle, ce qui ajoutait aux pressions en faveur de la levée de l'interdit.

"L'interdiction a été levée", a dit à Reuters un responsable des services de Recep Tayyip Erdogan.

YouTube, en revanche, demeure inaccessible en Turquie, l'Autorité nationale des télécommunications, TIB, ayant bloqué le site de partage de vidéos une semaine après avoir interdit l'accès à Twitter. La justice ne s'est toujours pas prononcée sur les recours intentés contre le blocage de YouTube.

Pour les détracteurs du Premier ministre, l'interdiction de Twitter a représenté la dernière manifestation en date de l'autoritarisme dont fait preuve Recep Tayyip Erdogan, notamment depuis qu'une vaste affaire de corruption a éclaboussé son gouvernement à la mi-décembre.

Le département d'Etat américain avait invité Ankara à se plier à l'arrêt de la Cour constitutionnelle et à autoriser de nouveau Twitter.

(Ozge Ozbilgin et Orhan Coskun, Eric Faye pour le service français)

 
Les autorités turques ont levé jeudi l'interdiction qui était en vigueur depuis deux semaines contre Twitter, à la suite d'un arrêt de la Cour constitutionnelle estimant que le blocage du réseau social était une atteinte à la liberté d'expression. /Photo prise le 21 mars 2014/REUTERS/Dado Ruvic