La Cour constitutionnelle turque retoque Erdogan sur Twitter

mercredi 2 avril 2014 18h35
 

ANKARA (Reuters) - Le fait d'avoir bloqué l'accès à Twitter viole la liberté d'expression et les droits de l'homme, a estimé mercredi la Cour constitutionnelle de Turquie.

L'Autorité turque des télécommunications (TIB) a bloqué l'accès à Twitter le 21 mars à la demande du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan qui a dit vouloir "éradiquer" ce réseau social, ce à la suite de la mise en ligne de documents audio censés mettre au jour une affaire de corruption dans son entourage.

On ignore pour l'heure si l'arrêt de la Cour constitutionnelle entraînera la levée du blocage de Twitter.

La Cour constitutionnelle a reçu plusieurs demandes de contestation du blocage de Twitter, dont une émanant du parti laïque kémaliste CHP (Parti républicain du peuple) et une autre d'un universitaire et juriste de renom.

"S'il y a quelqu'un qui pense qu'il y a un Etat de droit et des droits de l'homme dans ce pays, l'Autorité TIB doit s'incliner devant le verdict de la Cour constitutionnelle et lever l'interdiction imposée à Twitter", a déclaré cet université, Kerem Altiparmak.

Recep Tayyip Erdogan et sa formation islamo-conservatrice AKP (Parti de la justice et du développement) ont remporté haut la main les élections municipales du 30 mars, conservant des grandes villes comme Istanbul et la capitale Ankara. L'opposition conteste cependant certains résultats, comme celui de la capitale, où le scrutin a été serré.

(Humeyra Pamuk; Eric Faye pour le service français)

 
Le fait d'avoir bloqué l'accès à Twitter viole la liberté d'expression et les droits de l'homme, selon la Cour constitutionnelle de Turquie.  On ignore pour l'heure si l'arrêt de la Cour constitutionnelle entraînera la levée du blocage de Twitter. /Photo prise le 21 mars 2014/REUTERS/Murad Sezer