1 avril 2014 / 06:35 / dans 3 ans

Bouygues tend une nouvelle perche à Vivendi sur SFR

Bouygues a annoncé mardi prolonger du 8 au 25 avril son offre sur SFR et s'est engagé à verser une indemnité de rupture ("break-up fee") de 500 millions d'euros à Vivendi, maison mère de l'opérateur télécoms, en cas d'échec de son offre à la suite d'obstacles réglementaires. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

PARIS (Reuters) - Bouygues BOUY.PA a tendu mardi une nouvelle perche à Vivendi en annonçant qu‘il prolongeait du 8 au 25 avril la validité de son offre améliorée sur SFR, à quelques jours de l‘expiration de la période de négociations exclusives entre le conglomérat et le prétendant rival Numericable.

Le groupe de BTP et de construction, qui espère fusionner le deuxième opérateur mobile français avec sa filiale Bouygues Telecom, a également fait savoir qu‘il proposait à Vivendi une indemnité de rupture de 500 millions d‘euros en cas d‘échec de son offre pour des raisons réglementaires, confirmant une information rapportée par des sources à Reuters la semaine dernière.

“Bouygues souhaite ainsi permettre à Vivendi de procéder de façon sereine et approfondie à l‘examen de son offre et aux échanges que requiert une opération aussi importante”, explique dans un communiqué le groupe dirigé par Martin Bouygues.

Altice, maison-mère de Numericable, réflechit maintenant de son côté à augmenter la partie en numéraire de son offre pour se mettre au même niveau que l‘offre de Bouygues alors que se réunit vendredi le conseil de surveillance de Vivendi, a indiqué à Reuters une source proche du dossier.

Son offre prévoit pour le moment de verser 11,75 milliards d‘euros en numéraire et une participation de Vivendi de 32% au capital de l‘entité fusionnée.

La partie cash de son offre sera financée à hauteur de 8,35 milliards d‘euros par recours à l‘endettement et à 3,4 milliards via une augmentation de capital souscrite pour 75% par Altice, avaient indiqué des sources proches des discussions.

Dans une note de recherche, les analystes de Barclays estiment qu‘avec la dernière offre de Bouygues, Altice et Numericable devraient être amenés à relever la partie cash de leur offre sur SFR.

“Avec une dette déjà significative, un ajustement sur l‘augmentation de capital nous paraît inévitable”, écrivent-ils.

Un porte-parole d‘Altice s‘est refusé mardi soir à tout commentaire.

L‘HEURE DE VÉRITÉ APPROCHE

Vivendi, qui a mis en vente SFR pour se recentrer sur les médias, a engagé des négociations exclusives, qui prennent fin ce vendredi 4 avril, avec Numericable, filiale d‘Altice, le groupe du magnat européen du câble Patrick Drahi.

Bouygues refuse toutefois de s‘avouer vaincu et a relevé le 20 mars son offre sur SFR dont la partie en numéraire a été augmentée de 1,85 milliard d‘euros à 13,15 milliards, soit 1,4 milliard de plus que Numericable.

Reuters a rapporté jeudi dernier que Vivendi étudiait la dernière offre de Bouygues tout en continuant de discuter avec Numericable.

A l‘expiration de la période de négociations exclusives, le conseil de surveillance du conglomérat, qui compte 13 membres votants, devra trancher entre plusieurs scénarios possibles : conclure avec Numericable, rompre les discussions avec Numericable pour entrer en négociations avec Bouygues ou se donner un délai de réflexion.

Vivendi pourrait également décider de renoncer à vendre l‘opérateur pour revenir au projet initial d‘une scission, même si ce scénario n‘est pas considéré comme le plus probable.

Selon une source au fait des discussions, la prolongation au 25 avril de la validité de l‘offre de Bouygues a pour but de relâcher la pression sur Vivendi qui n‘aurait eu que quatres journées, week-end compris, pour se retourner dans le calendrier initial s‘il décidait d‘entrer en négociations avec le groupe de BTP et de communication.

Un porte-parole de Vivendi s‘est refusé à tout commentaire.

“Nous discutons de façon efficace et constructive avec Vivendi”, a de son côté réaffirmé un porte-parole d‘Altice.

Bouygues précise dans le communiqué s‘être engagé à payer une indemnité de rupture (“break-up fee”) de 500 millions d‘euros si les autorités réglementaires refusaient d‘approuver l‘accord de rapprochement ou s‘il retirait sa demande d‘autorisation compte tenu des remèdes exigés.

“Cette indemnité témoigne de la confiance de Bouygues dans sa capacité à obtenir les autorisations réglementaires”, dit le groupe de BTP et de construction.

L‘Autorité des marchés financiers a demandé fermement vendredi soir à toutes les parties concernées dans le dossier SFR de faire preuve de davantage de transparence dans leur communication.

avec Andrew Callus, édité par Dominique Rodriguez

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